Espagne : la crise sociale s’aggrave

14 Février 2018

En Espagne, sur fond de crise politique liée aux démêlés entre le pouvoir central et les politiciens indépendantistes en Catalogne, l’actualité est marquée par les difficultés que vivent les classes populaires dans toutes les régions du pays.

À la tête du gouvernement central, Rajoy ressasse depuis des mois que la situation tend à s’améliorer pour les classes populaires. Il répète que le chômage est en régression. Mais il oublie de dire que s’il y a eu des emplois créés, plus de 90 % sont des emplois temporaires.

En fait, les embauches auraient reculé de 22 % pour l’ensemble des travailleurs du pays, et de 33 % pour les jeunes. 27 % de la population se trouve en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale. Les plus faibles sont les plus menacés. Plus de 40 000 personnes dépendantes seraient mortes en 2016 faute de soins et d’aides nécessaires et théoriquement accordées. Pour l’année 2017, les services sociaux font état de 34 000 décès. Les chiffres officiels des personnes sur liste d’attente qui ont droit à l’aide sociale atteignaient 320 000, et chaque minute l’un d’eux meurt faute de soins.

On sait parallèlement que les grandes sociétés, dont les coffres sont pourtant bien garnis, ont dans leurs tiroirs des plans de suppression d’emplois. Par ailleurs, dans toutes les autonomies, ainsi que l’on appelle les grandes régions, les gouvernements régionaux mettent à disposition des grandes entreprises des aides importantes.

C’est ainsi qu’en Andalousie, le secteur de l’aéronautique est largement subventionné par la générosité de la présidente de la région, Susana Diaz, du parti socialiste PSOE, sans aucune contrepartie au niveau des embauches, la même qui tourne le dos devant les manifestations ouvrières.

On pourrait citer des exemples semblables dans toutes des régions, et cela montre l’urgence d’une riposte ouvrière.

Henriette MAUTHEY