Enseignement des maths : l’équation est à budget nul

14 Février 2018

Selon certains classements, le niveau moyen et les capacités mathématiques des élèves reculeraient. Le gouvernement a donc confié à Cédric Villani, mathématicien de renom et député macroniste, le soin de proposer des solutions à ce problème.

Dans son rapport, remis au ministre concerné lundi 12 février, Villani préconise un certain nombre de mesures de bon sens tirées, on le suppose, de l’expérience quotidienne des enseignants en mathématiques. Il pointe également un problème évident : les instituteurs, étant eux-mêmes rarement férus de maths, peuvent difficilement transmettre aux enfants l’attirance pour cette matière. Le rapport propose donc une formation des maîtres en ce sens.

Il y a longtemps que les maths ont remplacé les langues mortes et les humanités comme principale matière de sélection, le fort en maths ayant remplacé le fort en thème (latin). Or la majorité des élèves, la quasi-totalité dans les classes populaires, affirment, avant même d’avoir commencé l’étude des maths, qu’ils n’y comprennent rien.

Cette faiblesse du niveau en mathématiques, quelle que soit la façon dont on la mesure, est le reflet du système éducatif dans son ensemble. L’école est tout à fait apte à sélectionner et à former le personnel d’encadrement nécessaire aux classes dirigeantes, mais pour les enfants des classes populaires, elle se contente d’un niveau de formation minimum.

Un bon apprentissage, en mathématiques comme dans tous les domaines, nécessiterait des moyens humains et matériels, un encadrement formé, des classes à petit effectif. Le rapport de Cédric Villani n’en dit rien. Alors, il est à craindre que l’énoncé de quelques mesures de bon sens par un scientifique reconnu soit, encore une fois, de la dorure sur une pilule amère. La loi de Macron-Philippe, comme celle de la gravitation universelle, plombe toutes les dépenses utiles à la population. Ce n’est pas le théorème de Villani qui va la remettre en cause.

Paul GALOIS