Sénégal : l’impérialisme français se déguise en père Noël

07 Février 2018

La mise en scène était presque parfaite pour que Macron, en visite au Sénégal les 2 et 3 février, puisse se poser en bienfaiteur de l’enseignement et en champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais, comme toujours avec Macron, il ne s’agit que d’une opération de communication qui cache des réalités bien moins reluisantes.

La contribution de la France à un « partenariat mondial pour l’éducation » qui devrait passer de 17 à 200 millions d’euros ne représente que la moitié de celle de la Grande-Bretagne ou de l’Union européenne et elle est inférieure à celle de la Norvège.

Quant au discours de Macron annonçant qu’il se porte au secours des victimes du réchauffement climatique, il recouvre une réalité encore plus modeste : 35 millions d’euros pour installer des rochers devant retarder l’avancée des eaux dans un quartier de pêcheurs à Saint-Louis. Cet argent ira directement dans la poche d’Eiffage, dont le logo figurait sur les tee-shirts distribués aux jeunes avec impression des portraits des chefs d’État français et sénégalais. Ce groupe français du BTP qui considère le Sénégal comme « la tête de pont » de sa présence en Afrique de l’Ouest doit entre autres engranger jusqu’à 2039 les péages de l’autoroute passant par le nouvel aéroport international.

La visite de Macron avait d’autres objectifs, qui se sont discutés en coulisse. Ainsi un contrat de 171 millions d’euros a été signé pour la fourniture de deux Airbus à la compagnie Air Sénégal. La participation du Sénégal aux opérations militaires menées en Afrique pour le compte de l’impérialisme français a été aussi évoquée. Plus de 1 200 soldats sénégalais ont été envoyés au Mali et en Centrafrique dans le cadre de l’ONU, mais pour le moment le Sénégal ne fait pas partie du G5 Sahel aux côtés de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad.

Macron fait des discours sur le rôle fondamental de l’éducation, mais comme tous ses prédécesseurs, il s’est déplacé en Afrique pour parler guerre et gros sous au profit des grandes entreprises françaises.

Jean SANDAY