Paradis fiscaux : l’Europe aussi

07 Février 2018

François-Henri Pinault est la septième fortune de France. Il règne sur le groupe Kering, appelé autrefois PPR pour Pinault-Printemps-Redoute. Un collectif de médias européens, parmi lesquels Mediapart, a cherché les astuces fiscales dont il a pu bénéficier, comme tous ses pairs, pour arrondir sa fortune.

C’est ainsi qu’ils ont découvert que Pinault a donné un coup de main à une de ses filiales, le groupe de luxe Gucci, pour permettre à son patron de ne pas payer 15 millions d’impôts tandis que, dans le même temps, Kering diminuait les siens de 50 millions. Il a suffi pour cela de faire embaucher le patron de Gucci par une filiale de Kering enregistrée au Luxembourg. Cette domiciliation au grand-duché permet en outre à Kering de ne quasiment pas payer de cotisations sociales.

Et ce n’est pas tout. Le patron de Gucci travaille en Italie. Il s’est fait embaucher sur une filiale au Luxembourg mais, cerise sur le gâteau, il est domicilié… en Suisse ! Il ne paye donc pas d’impôt en Italie, mais dans un canton suisse, où il bénéficie d’un forfait fiscal très avantageux qui lui a permis, entre 2010 et 2014, de payer dix fois moins d’impôt que s’il les acquittait en Italie.

Ce qui implique François Pinault dans ces montages fiscaux, ce sont des mails échangés avec le patron de Gucci, dont un qui lui garantit une rémunération annuelle nette de 8 millions d’euros grâce aux avantages fiscaux du Luxemboug et de la Suisse, et deux contrats de travail permettant d’en bénéficier.

Le groupe de Pinault a réagi sur cette enquête en expliquant qu’il avait respecté toutes les règlementations fiscales. On n’en doute pas. Le problème est qu’elles sont taillées sur mesure pour des riches comme Pinault et d’autres.

Jacques FONTENOY