Loi alimentation : les consommateurs paieront plus cher

07 Février 2018

Une étude de l’Assemblée nationale vient de révéler l’impact qu’aura sur les consommateurs le projet de loi présenté le 31 janvier par le gouvernement « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable ».

Issu des États généraux de l’alimentation, il prétend satisfaire à la fois les agriculteurs, les industriels et les consommateurs. En réalité, d’après l’UFC-Que choisir, il aboutira à une augmentation des prix alimentaires comme on n’en a plus connu depuis 2009.

Cette association de consommateurs dénonce le chiffrage en pourcentage de cette étude – entre 0,7 % et 2 % d’inflation sur les produits alimentaires – apte à masquer la réalité : un surcoût allant de 1,74 à 4,98 milliards d’euros, soit jusqu’à 177 euros par an par ménage. La principale mesure responsable de cette hausse est le relèvement du seuil de revente à perte (SRP), c’est-à-dire du prix en dessous duquel un distributeur n’a pas le droit de revendre un produit. À cela s’ajoute l’encadrement des promotions, dont on a beaucoup entendu parler avec l’affaire du Nutella, largement commentée par le gouvernement et les médias.

Le gouvernement Macron prétend faire le bonheur des consommateurs prêts à payer un peu plus cher pour mieux manger : on voit ce que signifie le « un peu ».

Il prétend aussi améliorer le sort des agriculteurs, qui pourraient, paraît-il, vendre leur production à un meilleur prix aux distributeurs ou aux industriels de l’agroalimentaire. Mais qu’est-ce qui garantit que ces distributeurs ou ces industriels répercuteront une partie de leurs bénéfices supplémentaires, en achetant plus cher leurs produits aux agriculteurs ? Absolument rien.

Ce sont encore les mêmes qui vont profiter de la loi, et qui d’ailleurs en ont été les promoteurs : la grande distribution, les trusts de l’agroalimentaire, soutenus par la Fnsea, un syndicat agricole qui leur est très lié.

Sylvie MARÉCHAL