Free – Colombes : licenciements individuels à la pelle

07 Février 2018

Free, l’opérateur de télécommunications, a licencié 315 salariés en trois ans sur son centre d’appels de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Cela représente 60 % de l’effectif, et 266 d’entre eux l’ont été pour faute grave !

C’est ce que révèle un rapport d’expertise commandé par le comité d’entreprise et cité par le journal Le Parisien. En agissant ainsi pour réduire massivement ses effectifs, Free cherche à contourner les obligations qui auraient été les siennes s’il était passé par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Il aurait alors dû provisionner une certaine somme pour y faire face. Un PSE est obligatoire lorsque le projet de licenciement concerne au moins dix salariés sur une période de trente jours. Or à Colombes, depuis 2014, il y a la plupart du temps plus de dix licenciements par mois. Ils sont prononcés simplement pour deux retards ou une absence injustifiée, qualifiés de fautes graves. Un travailleur a reçu sa lettre de licenciement pour avoir été en arrêt maladie après une chute faite sur le plateau téléphonique, sous prétexte que son absence aurait « eu un impact sur la production de son équipe et désorganisé le service ». Le salarié, outre le fait de perdre son travail, se voit ainsi privé des indemnités de préavis et de licenciement.

Certains travailleurs, avec l’aide des syndicats, ont bien sûr contesté ces licenciements auprès des Prud’hommes. Ils sont au nombre de 84, et pour l’instant tous sauf un, parmi les cas qui ont déjà été jugés, ont obtenu satisfaction.

La loi laisse déjà une liberté presque totale aux patrons pour réduire leurs effectifs en licenciant. Mais les quelques règles qu’ils doivent respecter en ce cas, et les menues dépenses qui vont avec, sont encore de trop pour Free.

Daniel MESCLA