Éducation : contre la politique du gouvernement

07 Février 2018

Lycéens, étudiants et enseignants ont défilé mardi 6 février à plusieurs milliers dans différentes villes, comme à Paris, Toulouse, Strasbourg, ou Lille, contre les différentes attaques du gouvernement contre l’éducation.

Pour le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, il n’est pas question de créer le nombre de postes suffisant pour accueillir tous les élèves dans de bonnes conditions de la maternelle à l’université, bien au contraire.

Dans bien des écoles, collèges et lycées, les classes sont déjà pleines à craquer, à 30 en collège ou 35 en seconde au lycée dans bien des endroits. Mais pour la prochaine rentrée scolaire dans le secondaire, alors que 25 000 élèves supplémentaires sont attendus, 1 300 postes devraient être supprimés d’après le principal syndicat dans les collèges et les lycées, le SNES. De plus, dans un grand nombre d’établissements scolaires, le nombre global d’heures d’enseignement prévu pour l’année prochaine est en diminution. Cela signifie par exemple moins d’heures pour dédoubler des classes dans certaines matières, comme en langues où il est pourtant bien difficile d’apprendre à 30 élèves, voire plus parfois.

Le gouvernement pioche dans des heures d’enseignement qui étaient destinées aux classes ou aux établissements s’occupant des élèves les plus en difficulté. Ainsi, des ponctions de plusieurs heures se font sur les classes appelées Ulis, pour unités localisées pour l’inclusion scolaire, qui permettent l’accueil dans un collège ou un lycée d’un groupe d’élèves présentant un handicap.

Blanquer a fait beaucoup de publicité autour du dédoublement des classes de CP et CE1, de toute façon limité à certaines zones où les élèves sont le plus en difficulté – les réseaux d’éducation prioritaire, REP. Mais cela se fait en prenant des moyens ailleurs.

Dans l’enseignement supérieur, la politique du gouvernement ne consiste pas à augmenter le nombre de places dans les universités. La nouvelle procédure appelée « parcours sup » et la réforme annoncée vont au contraire renforcer la sélection. Là encore, la motivation première est la même que dans le reste de l’éducation : faire des économies.

Toutes ces attaques doivent être combattues. Après le 6 février, la lutte doit continuer.

Aline RETESSE