Amazon : un fleuve de profits, une goutte d’impôt

07 Février 2018

Lundi 5 février, Amazon a annoncé la conclusion d’un accord avec le fisc français. Le géant américain du commerce en ligne s’était vu infliger en 2012 un redressement fiscal de plus de 200 millions d’euros pour ses activités en France entre 2006 et 2010. Mais l’armada de juristes du groupe avait immédiatement contesté ce chiffre et promis de mener une longue guerre juridique pour ne rien payer.

En dehors de pressurer au maximum ses sous-traitants et d’user jusqu’à l’épuisement ses centaines de milliers d’employés payés au lance-pierre, Amazon fait partie de ces grands groupes mondiaux dont l’une des spécialités est de contourner les règles fiscales, pourtant accommodantes, des pays où il s’enrichit. Ainsi jusqu’en août 2015, l’ensemble des ventes réalisées par Amazon en France étaient enregistrées dans sa succursale au Luxembourg, un pays réputé pour son taux d’impôt ridiculement bas sur les bénéfices des sociétés.

Dernièrement, la Commission européenne a réaffirmé sa volonté de mettre en place une nouvelle législation sur la fiscalité, afin de faire payer les grands groupes de l’Internet là où ils réalisent leurs affaires. Il n’en a pas fallu plus à Amazon pour annoncer qu’en 2017 ses activités commerciales hors Amérique du Nord, pourtant en nette hausse, avaient été déficitaires de 3 milliards de dollars.

Ni Amazon ni le fisc français n’ont voulu rendre public le montant de leur transaction à l’amiable. Mais on se doute qu’il a été largement revu à la baisse. En effet ce n’est pas parce que Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, est devenu cette année l’homme le plus riche du monde qu’il faudrait lui faire payer des impôts, de la même façon que les salariés qu’il exploite. Macron n’a-t-il pas promis de faire de la France un pays encore plus accueillant pour tous les capitalistes de la planète ?

Gilles BOTI