Un système contestable... et contesté

31 Janvier 2018

Le 30 janvier, il y a eu des rassemblements partout en France, même dans de petites villes.

En Dordogne, 22 rassemblements ont eu lieu, et près d’une trentaine dans les Côtes-d’Armor. Dans les gandes villes, ce furent d’importantes manifestations, avec à Angers entre 1 000 et 1 500 participants, 500 à Montpellier, 600 à Nantes comme à Lyon, presque autant à Strasbourg, et plusieurs centaines à Caen, à Limoges, à Marseille, à Dijon, 600 à Paris devant le ministère de la Santé. Ce n’était pas encore la longue grève de quatre mois menée l’an dernier par la poignée de soignantes des Opalines du Jura, qui a précédé ce mouvement.

Il avait fallu, en 2003, les 15 000 morts de la canicule pour que le gouvernement prenne un peu en compte les problèmes liés au grand âge et lâche quelques milliards d’euros pour essayer de les résoudre. Le résultat de son action depuis cette époque est plus que mitigé, puisqu’il a mis en place un système compliqué, tripartite, qui réunit le financement du département, de l’État et des patients, et qui avantage les Ehpad privés en y favorisant le pur mercantilisme. Car le grand âge peut aussi rapporter, et c’est le traitement de la dépendance à deux vitesses. D’une part, ceux qui ont de l’argent et qui peuvent en rapporter ; d’autre part ceux qui n’en ont pas et qui sont abandonnés. Encore que, même dans les Ehpad de luxe, il y a maltraitance institutionnalisée, faute de personnel compétent.
Et si, curieusement, l’image dégradée de la maison de retraite à l’ancienne a fait place de nos jours à des maisons de retraite pimpantes, aux bâtiments couleurs pastel, à l’intérieur, faute de ce personnel qualifié, c’est souvent l’enfer.

Correspondant LO