Loïc Canitrot, de Jolie Môme, relaxé !

31 Janvier 2018

Jeudi 25 janvier, devant la 17e chambre correctionnelle du palais de justice de Paris, s’est tenu le procès de Loïc Canitrot, accusé, à tort, d’avoir porté un coup à un cadre du Medef lors d’une manifestation des intermittents du spectacle au siège de cette organisation patronale, en juin 2016. L’audience a tourné à un véritable fiasco pour le Medef, permettant la relaxe de Loïc.

La salle d’audience était pleine. Outre la famille de Loïc et ses camarades du groupe Jolie Môme, beaucoup avaient tenu à manifester leur soutien. Frédéric Lordon, Denis Gravouil, secrétaire national CGT spectacles et notre camarade Arlette Laguiller étaient cités comme témoins de moralité.

À l’extérieur du palais, la solidarité n’était pas en reste. De 8 h à 12 h, près de 200 personnes ont écouté de nombreuses prises de parole, tout en étant régulièrement informées de l’évolution du procès.

C’est en fait le plaignant Philippe Salmon, cadre du Medef, qui avait frappé Loïc d’un coup de pied dans les testicules. Mais, ayant retiré sa plainte au dernier moment, il était absent ! Le président a exprimé son mécontentement devant ce revirement et s’est ensuite indigné de n’avoir pu visionner les bandes vidéo du siège du Medef… le prestataire les ayant « malencontreusement » détruites ! Enfin, le seul témoin qui prétendait avoir vu Loïc frapper le plaignant s’est finalement rétracté. Cette affaire entièrement montée par le Medef avec ses méthodes de voyou tournait ainsi à la pantalonnade.

Comme l’a rappelé l’avocate de Loïc, cette fois-ci, et contrairement à d’autres affaires touchant des militants syndicaux et politiques, le juge avait demandé une nouvelle instruction. Cela faisait suite au refus du Parquet de prendre en compte la plainte de Loïc et avait fait apparaître les failles de cette affaire.

Comme l’a rappelé l’avocate, Loïc avait été maintenu en garde à vue pendant 48 heures. Mais, grâce à sa détermination à aller jusqu’au bout de l’affaire et au soutien de nombreuses personnes, la vérité a éclaté : c’est bien Loïc Canitrot la victime, et non pas le cadre du Medef. L’avocate a donc demandé l’acquittement et, après le délibéré, le juge a annoncé la relaxe.

En remerciant ses soutiens à sa sortie du palais de justice, Loïc a annoncé qu’il maintenait sa plainte contre Philippe Salmon et souhaité que sa relaxe encourage à mener le combat pour que tous les militants aujourd’hui injustement poursuivis soient, eux aussi, relaxés.

Correspondant LO