Hôpital Lyon-Sud : les Urgences en grève

31 Janvier 2018

Depuis le 22 janvier, le personnel des Urgences de l’hôpital Lyon-Sud est en grève contre le manque d’effectif et de lits. Cela fait des mois qu’il alerte la direction sur ses conditions de travail.

C’est l’afflux de malades ces derniers temps, l’impossibilité de les recevoir dans des conditions correctes et l’indifférence de la direction qui ont poussé les soignants à la grève. En moyenne le temps d’attente avant de voir un médecin est de cinq à six heures, voire jusqu’à dix heures récemment, car les médecins, en nombre insuffisant, consacrent beaucoup de temps au téléphone pour trouver un lit d’hospitalisation.

Il n’est pas rare qu’une personne âgée attende au moins 24 heures sur un brancard pour obtenir un lit d’hospitalisation. La raison est le manque de lits, mais aussi le fait qu’accueillir une personne âgée coûte trop cher et que beaucoup de responsables médicaux refusent de les prendre en charge.

Les soignants parlent de « perte de chance pour les patients », citant l’exemple d’une personne âgée, installée sans signe grave apparent sur un brancard, avant qu’ils se rendent compte cinq heures après qu’elle faisait en réalité un accident vasculaire cérébral (AVC). Un autre cas est celui de trois patients arrivés en même temps, mais dont un seul a été admis dans le seul box libre. Celui-ci ayant fait un arrêt cardiaque, il a pu être pris en charge immédiatement, mais il aurait pu être un des deux restés dans le sas d’attente. Pendant la période de la grippe, il n’était pas possible d’isoler les malades contagieux, et des masques ont été distribués pour éviter la contagion, mais comment garder un masque en permanence pendant des heures d’attente ?

Non seulement il manque des lits de dégagement pour accueillir ceux qui doivent être hospitalisés, mais il manque des brancards pour installer ceux qui en ont besoin, il n’y a pas suffisamment de draps, de couvertures, de gants de toilette. Pour l’instant, la direction ne propose que des renforts pris dans d’autres services après au moins deux jours de surcharge d’activité, et quelques brancards supplémentaires.

Le personnel a bien compris que sa situation est celle de tous les hospitaliers. Depuis des années, on ferme des hôpitaux et des lits dans les services. Les agents hospitaliers sont de moins en moins nombreux, les Hospices civils de Lyon (HCL) ayant supprimé plus d’un millier de postes en une décennie.

Conscients que leur problème est général, les grévistes ont décidé de participer à la manifestation nationale des Ehpad le 30 janvier. Ils ont aussi mis en ligne une pétition nationale et comptent bien aller voir les Urgences des autres établissements des HCL pour qu’elles se rallient à leur lutte. Même s’ils sont assignés pour assurer la continuité du service, soutenus par la CGT et SUD, ils ont décidé de reconduire leur grève toute la semaine.

Correspondant LO