CHI de Clermont : non aux suppressions de RTT

31 Janvier 2018

Lundi 29 janvier environ un demi-millier de travailleurs du centre hospitalier isarien (CHI), l’hôpital psychiatrique de Clermont-Fitz-James, dans l’Oise, ont montré leur détermination à ne pas perdre de RTT dans la nouvelle organisation du temps de travail.

Cela d’autant plus que les restrictions de moyens et le durcissement des conditions de travail pèsent quotidiennement sur les 2 500 employés.

Comme pour beaucoup d’autres hôpitaux, la direction du CHI et l’agence régionale de santé cherchent depuis des années à modifier les horaires de travail. Au prétexte de réduire la durée de la journée de 8 heures à 7 h 30, il s’agit de voler une dizaine de jours de RTT au personnel. En réalité, chacun effectuera la même charge de travail journalière, mais la direction, qui organise la pénurie de personnel, espère ainsi combler les trous des plannings.

Au mois de novembre, la direction a rompu les négociations avec les deux syndicats de l’hôpital, CGT et FO, constatant qu’elle n’arrivait pas à obtenir leur approbation. Puis elle leur a adressé un projet d’accord, qu’ils n’ont pas signé. Ces derniers jours, le directeur a écrit directement à chaque travailleur hospitalier pour expliquer qu’il passerait en force et supprimerait des RTT. Les prenant au passage pour des idiots, il écrivait aussi « qu’il ne s’agissait pas de faire travailler plus ». Ben voyons !

Des militants syndicaux se sont vengés en sabotant la traditionnelle cérémonie des vœux du directeur, dont le discours a été couvert par une Internationale retentissante.

Lundi 29 janvier, entre 500 et 1 000 soignants, ouvriers de maintenance ou de logistique, employés administratifs, se sont regroupés, à un moment ou à un autre au cours de la matinée, devant l’entrée principale du CHI. Certains ont ensuite rejoint leur service. Mais la plus grande partie a bloqué la nationale proche, ce qui a entraîné la réaction brutale des gendarmes qui ont plaqué certains au sol et ont largement gazé les manifestants.

Plus tard dans la journée, ils ont défilé dans la ville de Clermont, voulant envahir la gare. Là encore, les gendarmes s’y sont opposés, sous les quolibets des hospitaliers… jusqu’à ce que les manifestants, connaissant bien les raccourcis, passent à travers les jardins ouvriers et envahissent les voies ferrées. En fin de journée des renforts policiers affluaient.

Le directeur a été obligé d’en rabattre le jour même et d’accepter d’organiser rapidement une réunion avec les syndicats. C’est le moins qu’il pouvait faire. Une nouvelle mobilisation est en préparation.

Ce lundi mouvementé est un encouragement, à recommencer pour ceux qui ont manifesté, et à s’y joindre pour ceux qui sont jusqu’à présent restés spectateurs.

Correspondant LO