Autorité de sûreté nucléaire : un couvercle sur la marmite

31 Janvier 2018

À l’occasion de ses vœux à la presse, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fait montre d’une naïveté confondante ou d’un aplomb remarquable.

Revenant sur les malfaçons et incidents cachés par la filière, il a déclaré : « Comment une telle fraude a-t-elle pu courir pendant près d’un demi-siècle sans que ni les responsables de l’usine [Areva au Creusot], ni le donneur d’ordre EDF, ni enfin l’ASN n’aient été en mesure de débusquer plus tôt la supercherie ? » La supercherie en question, une parmi d’autres, est la probable falsification des rapports conduisant à livrer une cuve et un couvercle défectueux pour une centrale nucléaire de nouvelle génération.

Jusque-là, explique encore le directeur, « le principe des contrôles reposait sur la confiance » que l’État en général et l’ASN en particulier accordent aux industriels. Et d’annoncer la création d’une commission antifraude. La belle affaire ! Les industriels sont là pour faire des profits, les entreprises publiques leur servent de vache à lait et les contrôles de l’État de paravent. En matière alimentaire, cela donne le lait pour bébé de Lactalis, en pharmacie, le Mediator du laboratoire Servier, dans l’industrie les tests diesel frauduleux de PSA, Renault et Volkswagen. La liste est aussi longue que l’histoire du capitalisme.

Pour le nucléaire, en France cela n’a pour l’instant produit, outre le courant électrique, que les gros profits des industriels, les contes à dormir debout de l’ASN et des déchets dont on ne sait que faire. Mais au Japon, la course au profit dans le nucléaire a provoqué la catastrophe de Fukushima. Et on sait que le plus souvent, ce pays n’est qu’en avance sur les autres.

P.G.