RATP – dépôt de Thiais : échec à la direction

24 Janvier 2018

Samedi 20 janvier, près de 60 % des travailleurs du dépôt de bus RATP de Thiais, en région parisienne, étaient en grève pour dénoncer une direction qui multiplie les sanctions et les pressions.

Le travail est de plus en plus éprouvant : tenir les cadences implique de circuler vite avec un fort risque d’accident. Les battements entre deux tours sont réduits et l’encadrement n’hésite pas à sanctionner les conducteurs qui refusent de faire une croix sur leur pause. Les agressions sont fréquentes, mais rien n’est fait pour en finir avec les zones blanches, dans lesquelles les conducteurs sont laissés sans liaison radio.

Mardi 9 janvier, un entretien disciplinaire à la demande du chef de ligne du TVM (Trans-Val-de-Marne, dont la direction se vante car ce serait la ligne de bus la plus fréquentée d’Europe) a été la goutte d’eau de trop. Une quarantaine de conducteurs se sont mobilisés pour soutenir leur camarade et ont appelé à la grève pour le 20 janvier. Deux jours plus tard, le décès d’un conducteur écrasé entre deux bus, au moment de sa prise de service, soulevait une très grande émotion parmi les travailleurs du dépôt.

La semaine précédant la grève, la direction a tout fait pour en dissuader les travailleurs. Elle a diffusé un communiqué dénonçant la grève comme illégale et sans fondement. Bien des travailleurs ont reçu des appels de chefs de ligne, ajoutant à ces allégations des chantages à l’avancement, ou prétendant que la CGT exploitait à son profit l’accident qui venait de coûter la vie à leur camarade. Ces propos ont suscité une vive indignation, car c’était bien la direction qui cherchait à utiliser le drame pour s’opposer au mouvement. Le samedi, la direction a même décidé d’annuler complètement le passage des bus sur plusieurs lignes pour assurer les roulements sur le TVM et laisser penser aux usagers que la grève n’était pas suivie.

La grève a néanmoins été un succès. Les quelque 150 grévistes présents ont organisé plusieurs assemblées pour discuter de leurs problèmes, face à la direction venue s’expliquer. La directrice a proposé de réunir les seuls machinistes du TVM, mais l’assemblée a refusé cette rencontre, car la situation se dégrade sur toutes les lignes du dépôt, ce que la direction sait déjà parfaitement.

Finalement, la directrice a dû faire marche arrière et promettre de revenir sur les sanctions. Le chef du TVM, qui le matin même persistait dans une attitude provocante en manœuvrant des bus devant les grévistes, a dû s’engager devant tous à changer d’attitude.

Les travailleurs du dépôt ne s’étaient pas retrouvés aussi nombreux depuis longtemps pour répondre aux attaques de la direction. La bonne expérience des assemblées successives s’est prolongée par un repas dans une ambiance chaleureuse. Les travailleurs restent vigilants et décidés à se remettre en grève le 29 janvier, si les promesses de la direction ne sont pas tenues.

Correspondant LO