Gaz à effet de serre : les émissions dérapent

24 Janvier 2018

Publié le 22 janvier par le ministère de Nicolas Hulot, un bilan provisoire des émissions de gaz à effet de serre montre que la France ne tient pas ses objectifs. Les prévisions sont dépassées de 3,6 %. Les plus mauvais élèves sont le secteur des transports et du bâtiment, avec respectivement 6 et 11 % de dépassement.

La faute à qui ? Aux particuliers bien sûr ! Ainsi, pour les transports, le ministère accuse le prix meilleur marché des produits pétroliers en 2016 qui a « incité à la consommation ». Hulot évoque peut-être là sa passion personnelle pour les moteurs, du 4x4 « pour les vacances en Corse » au van « pour les vacances en famille » en passant par la camionnette « pour transporter les chevaux en Bretagne ». Mais les millions de travailleurs qui habitent en campagne ou en banlieue lointaine, peu ou pas desservies par les transports en commun, n’ont pas le choix : ils doivent utiliser la voiture, quel que soit le prix du carburant, pour se rendre au travail, faire les courses, emmener les enfants chez le docteur, etc.

Quant au dépassement dans le bâtiment, il est principalement dû aux dépenses de chauffage de logements mal isolés, les fameuses passoires énergétiques que le gouvernement promet de faire disparaître dans les dix prochaines années. Comment ? Dans le plan de Hulot présenté en novembre dernier, il est entre autres question d’un bonus-malus qui taxerait les ventes de logements mal isolés ou dotés de chauffages trop polluants. Une taxe s’appliquant y compris aux propriétaires modestes n’ayant pas les moyens d’avancer les sommes nécessaires aux travaux. Le projet évoquait même la possibilité que les locataires de logements mal isolés payent une partie des travaux.

En dévoilant ces chiffres médiocres, le ministre de la Transition écologique a annoncé la couleur : il faut « prévoir une augmentation accélérée du prix du carbone sur le quinquennat », c’est-à-dire une nouvelle hausse des carburants, du fioul, etc. Aux familles populaires, c’est la transition… vers de nouvelles augmentations que le gouvernement propose.

Nadia CANTALE