Carrefour : au bonheur des actionnaires

24 Janvier 2018

Le nouveau PDG du groupe Carrefour, Alexandre Bompard, vient de présenter son plan d’économies de deux milliards d’euros et de restructuration.

On savait déjà, depuis cet été, qu’il devait y avoir 2 400 suppressions d’emplois, principalement dans les services centraux. Mais, avec cette dernière annonce, il est évident que tous les employés sont visés.

Non seulement Bompard annonce supprimer directement ces 2 400 emplois, mais en plus les 273 magasins de l’enseigne Dia, rachetés en 2014, seront vendus, ou fermés s’ils ne trouvent pas de repreneur. Et cinq supermarchés Carrefour doivent être mis en location-gérance, le groupe s’en débarrassant en les confiant à un gérant qui lui versera une redevance. Pour les travailleurs, qui ne feront plus partie du groupe, cela signifiera le risque de perdre la mutuelle, les réductions sur les achats et des primes qui peuvent représenter jusqu’à deux mois et demi de salaire annuel.

Le groupe Carrefour ayant vu légèrement chuter ses bénéfices – tout de même un peu plus d’un milliard d’euros –, ses actionnaires avaient chargé Bompard de redresser la situation. Celui-ci s’était déjà illustré par le passé en décidant des plans de destruction massive d’emplois, œuvrant à la Fnac, puis chez Darty après la fusion des deux enseignes.

À la Fnac, selon la CGT-Commerce, il y a eu l’équivalent de 1 350 postes en moins en magasin. Grâce à quoi l’action a grimpé, Bompard empochant au passage 11,5 millions d’euros en 2015 et 13,8 millions d’euros en 2016. On comprend pourquoi, avant son arrivée chez Carrefour, une pétition contre sa venue a recueilli des milliers de signatures parmi le personnel.

Dès l’annonce du plan Bompard, le 23 janvier, l’action Carrefour a grimpé de 6 % ! Les actionnaires doivent être ravis. Mais à l’hypermarché Carrefour de Château-Thierry, qui est menacé de passer en location-gérance, le personnel s’est mis largement en grève, entraînant des salariés d’autres magasins de la région. C’est l’exemple à suivre, car c’est le seul moyen de s’opposer aux plans de Carrefour.

André VICTOR