RATP – Thiais : accident mortel au travail

17 Janvier 2018

Jeudi 11 janvier, au dépôt de Thiais, en banlieue parisienne, un chauffeur de la RATP a été percuté par le bus dont il venait de descendre pour procéder à des vérifications avant de partir sur ligne. Il est décédé sur le coup, malgré les secours que les travailleurs présents ont essayé de lui apporter.

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame. Pourquoi le bus s’est-il mis en mouvement sans que le chauffeur soit à son poste ? Les freins ont-ils été défaillants ? Le frein de parking a-t-il été enclenché ? Dans ces situations il est toujours difficile de savoir s’il y a eu dysfonctionnement du matériel ou non, car la direction garde la main sur les informations et l’enquête. Ce qui est souvent désigné comme une erreur humaine soulève des questions de formation, de procédures de sécurité, de fatigue liée aux horaires, de pressions pour travailler vite et respecter les temps, tout cela dans un contexte de danger du métier que, très souvent, les patrons minimisent.

L’émotion est énorme dans le dépôt où tout le monde connaissait ce travailleur en poste depuis dix ans qui était apprécié de tous. Une quinzaine de ses camarades, notamment ceux présents au moment du drame, ont demandé à ne pas rouler ce jour-là, choqués par ce qu’ils avaient vu. La direction les y a autorisés en leur disant de poser des jours de congé. Il a fallu insister pour qu’elle accepte de donner des formulaires d’arrêt/accident de travail. Cela ne l’a pas empêchée de déclarer au journal Le Parisien que tout a été fait pour assurer le service en remplaçant les chauffeurs qui le demandaient…

Cet accident s’est produit dans un contexte de tension qui règne dans le dépôt, notamment sur la ligne du Trans Val-de-Marne (TVM), « la plus grande ligne d’Europe », se vante la direction. Les conditions de travail y sont dégradées, la pression pour faire des kilomètres est de plus en plus forte, les sanctions tombent au moindre prétexte, parfois même pour quelques minutes de retard au départ. La direction se sert de certains chefs aux dents longues pour atteindre ses objectifs en poussant les travailleurs à bout.

Depuis plusieurs semaines, les travailleurs protestent contre cette dégradation des conditions de travail. Ainsi, le mardi 9 janvier, une quarantaine d’entre eux se sont rassemblés pour soutenir un de leurs camarades convoqué à un entretien disciplinaire pour quelques minutes de retard.

Tout cela doit cesser. C’est ce que veulent exprimer haut et fort les travailleurs du dépôt de bus de Thiais. À la suite de l’entretien disciplinaire du 9 janvier, ils ont décidé d’appeler à une grève le samedi 20 janvier contre la politique de la direction et de son encadrement.

Correspondant LO