PSA et Renault : ventes record en 2017, suppressions d’emplois en 2018

17 Janvier 2018

Renault et PSA Peugeot-Citroën ont annoncé des records de ventes sur le plan mondial. En 2017, Renault a vendu 3,76 millions de véhicules (+ 8,5 %), tandis que PSA en a écoulé 3,63 millions (+ 15,4 %).

Les profits de ces deux constructeurs, qui seront dévoilés en mars, promettent donc d’atteindre eux aussi des niveaux inégalés. Renault et PSA avaient déjà fait en 2016 des bénéfices très élevés, respectivement 3,5 et 2,15 milliards d’euros.

Non content de gagner le gros lot, PSA veut réduire ses effectifs, en supprimant encore 2 200 emplois : 1 300 travailleurs partiraient dans le cadre des ruptures conventionnelles collectives (RCC) mises en place à l’automne 2017 par les ordonnances Macron-Pénicaud. Et 900 emplois seraient supprimés par des départs en préretraite non remplacés. C’est aussi la confirmation que PSA a programmé la fermeture de son usine de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus pauvres du pays.

Les résultats de PSA et de Renault ont déjà été atteints grâce à une exploitation accrue. En cinq ans, PSA a supprimé 25 000 emplois en CDI. En 2014, il a fermé l’usine d’Aulnay-sous-Bois, également en Seine-Saint-Denis. Deux accords de compétitivité ont permis de bloquer les salaires, de réduire des congés, de diminuer ou de supprimer des primes. PSA a également systématisé la précarité dans ses ateliers, en particulier sur les chaînes d’assemblage, les postes les plus difficiles. De son côté, Renault emploie aujourd’hui 9 000 intérimaires sur 44 000 salariés ; et PSA 8 000 à 10 000 intérimaires, sur 30 000 ouvriers, un record de précarité. En quatre ans, se félicitent les actionnaires de PSA, la part de la masse salariale dans le chiffre d’affaires est passée de 15 à 11 % !

Ce n’est pas fini, car les actionnaires n’en ont jamais assez. À l’usine PSA de Poissy, dans les Yvelines, la direction a le projet d’appliquer de nouveaux horaires à partir du 5 mars. L’équipe du matin commencerait désormais à 5 h 20, au lieu de 5 h 30 aujourd’hui ; et celle du soir finirait à 20 h 35 au lieu de 20 h 15. Cet allongement de l’amplitude horaire serait obtenu en jouant sur la durée des deux pauses, prolongées sans augmentation du temps de travail comptabilisé et donc des salaires. La direction se laisse la possibilité de faire travailler dix minutes supplémentaires pendant une de ces pauses. Autrement dit, pour assurer la production de voitures, la direction compte augmenter gratuitement le temps effectif de présence et de travail des salariés.

Fabriquer des chômeurs ; précariser le travail ; surexploiter les salariés sans considération de leurs conditions de vie et de leur santé : voici les méthodes qui permettent aux ventes et aux profits de Renault et PSA d’exploser.

Correspondants LO