Parcours emploi compétences : toujours les mêmes fausses solutions

17 Janvier 2018

Le gouvernement table sur la reprise de la croissance pour justifier son projet de contrôle accru des chômeurs. Le nombre d’employés de Pôle emploi affectés à cette tâche, au détriment de l’accompagnement pour retrouver un emploi, devrait augmenter.

En attendant les effets de cette croissance promise, les licenciements, les suppressions de postes se poursuivent dans de nombreux secteurs. Munie de ses certitudes quant aux effets de la croissance, la ministre Pénicaud considère que le chômage va baisser. En conséquence, la situation de ceux qui resteront sur le carreau, en particulier le 1,4 million de privés d’emploi qui cherchent depuis plus de deux ans et le 1,3 million de jeunes sans emploi ni formation est pour la ministre le résultat d’anomalies qu’elle prétend résoudre grâce à des « parcours emploi compétences » qui remplaceront les contrats aidés. Car, a-t-elle déclaré, « la croissance ne peut pas tout ».

Ce type de contrat d’insertion, dont le nom a varié selon le vocabulaire des différents gouvernements qui en ont mis en place, a comporté bien souvent un volet formation. En général celle-ci n’était quasiment pas contrôlée et dépendait de la bonne volonté de l’employeur. Les salariés devaient se battre pour obtenir ces formations. Pour donner l’impression de changer les choses, la ministre explique donc que dorénavant les employeurs seront sélectionnés.

Muriel Pénicaud s’est associée à Jean-Marc Borello pour définir sa réforme. Ce dernier est à la tête du groupe SOS, qui regroupe 15 000 salariés avec plus de 400 établissements en France et dans le monde. Il réunit de nombreuses associations qui se sont développées grâce à la situation désastreuse de l’emploi en proposant des formations et des aides diverses dans la sphère de l’économie dite sociale et solidaire. Selon lui, le résultat de sa mission a démontré qu’on peut réinsérer tout le monde. La belle découverte ! La société capitaliste en crise rejette des milliers de travailleurs au chômage mais pour ces gens-là ce sont les travailleurs qui auraient un problème.

Au mieux, cette énième mouture de contrat d’insertion permettra à quelques-uns de pouvoir grossir à terme le nombre de salariés embauchés en contrat précaire.

Inès Rabah