Palestine : Ahed Tamimi reste en prison

17 Janvier 2018

Sans surprise, le tribunal militaire israélien devant lequel comparaissait, le 15 janvier, la jeune militante palestinienne de 16 ans, Ahed Tamimi, a décidé la prolongation de sa détention.

Elle avait été arrêtée un mois auparavant pour avoir giflé un soldat israélien entré sans autorisation dans le jardin familial. La vidéo de la scène, filmée par sa mère et diffusée sur les réseaux sociaux, avait fait de la jeune fille un symbole de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne de la Cisjordanie.

Symbolique, l’histoire d’Ahed Tamimi l’est à plus d’un titre. Elle habite un village de Cisjordanie, Nabi Saleh, à 50 km au nord-ouest de Ramallah, où, chaque semaine depuis 2009, une manifestation est organisée contre la présence d’une colonie israélienne installée sur les terres palestiniennes.

L’engagement d’Ahed Tamimi n’a donc rien d’exceptionnel : depuis des années, une grande partie des 600 habitants de ce village manifestent et se heurtent à l’armée israélienne. Toute sa famille participe à ce combat : son père a fait de la prison à plusieurs reprises et, en décembre dernier, sa mère et sa cousine de 20 ans ont elles aussi été arrêtées en même temps qu’Ahed.

Ni l’adolescente ni ses proches n’attendent la moindre clémence de la part des autorités israéliennes : le nombre de détenus palestiniens dans leurs prisons a atteint 6 500 à la fin de 2017, dont 350 enfants. La répression est la seule réponse du gouvernement israélien à ceux qui, quel que soit leur âge, contestent sa politique de colonisation du territoire occupé de Cisjordanie.

Marc RÉMY