Liberté pour Mumia Abu-Jamal, maintenant !

17 Janvier 2018

Mumia Abu-Jamal, journaliste et militant noir condamné en 1982 par un juge raciste pour un crime qu’il n’a pas commis, entame sa 36e année d’emprisonnement, dont trente dans le couloir de la mort. Il en était sorti grâce à une campagne internationale à laquelle une centaine d’organisations françaises sont associées, dont Lutte ouvrière, mais il est resté incarcéré.

L’an dernier, une campagne de protestation avait permis d’imposer qu’un traitement lui soit administré pour soigner une hépatite C, ce que l’administration pénitentiaire lui refusait. Cette campagne avait d’ailleurs permis que des milliers de prisonniers de Pennsylvanie, victimes comme lui de la même administration, soient également traités. Mumia souffre aujourd’hui d’un eczéma sur tout le corps, et l’administration recommence à tergiverser.

Le 17 janvier devrait avoir lieu un acte juridique en sa faveur. Une nouvelle jurisprudence considère comme non conforme à la Constitution des États-Unis le fait qu’un même magistrat se soit retrouvé juge et partie à tous les niveaux d’une affaire de peine capitale. C’est le cas dans cette affaire où un magistrat, Ronald Castille, a été impliqué à plusieurs niveaux dans la procédure qui a conduit à la condamnation de Mumia, ce magistrat ayant notamment refusé de se récuser lors des multiples procédures d’appel.

Un juge a exigé qu’on lui remette les documents mettant en cause ce magistrat, mais cette remise tarde car Castille appartient au bureau du procureur censé les fournir, un procureur par ailleurs emprisonné pour corruption ! Le 17 janvier est donc la date butoir pour que ces documents soient remis. Le seront-ils ?

Au-delà de cette procédure, l’affaire ne devrait avoir qu’une conclusion : Mumia Abu-Jamal doit être immédiatement libéré, sans attendre que sa santé soit entièrement détériorée. Et ceux qui devraient être jugés sont les policiers, magistrats, administrateurs pénitentiaires qui, depuis trente-six ans, ont tout fait pour enterrer un homme qui avait relevé la tête contre une société injuste.

Jacques FONTENOY