Le lait : l’or blanc qui appauvrit ceux qui le produisent

17 Janvier 2018

L’émission de Cash investigation, le 16 janvier sur France 2, abordait une question d’actualité : le marché du lait. Les producteurs se plaignent de vendre à perte. De nombreuses exploitations seraient au bord de la faillite. L’affaire Lactalis a montré, entre autres choses, le mépris de telles entreprises pour les producteurs.

Leur situation s’est aggravée, en 2015, à la suite de la fin des quotas laitiers qui permettaient une certaine stabilité des prix. La fin du système a poussé les producteurs à produire plus. Beaucoup ont dû investir mais, du fait de la surproduction, les prix d’achat de leur lait ont chuté. De nombreux éleveurs n’ont plus pu rembourser leurs dettes. Mais cette situation n’a pas mis les industriels de la transformation et de la grande distribution sur la paille. Au contraire ils se sont enrichis sur la même période. Ce sont eux qui contrôlent la production et les prix.

Même regroupés en coopératives, les éleveurs perdent le contrôle des prix. Ainsi le groupe Sodiaal-Yoplait, qui regroupe 20 000 éleveurs, tout coopératif qu’il est, se comporte comme un groupe capitaliste. Il a dégagé 51 millions d’euros en 2015 grâce à la commercialisation du lait et des produits laitiers mais seuls 3,5 millions ont été redistribués aux éleveurs et le prix d’achat du lait décidé par Sodiaal est en dessous du coût de production.

Face à cela, les éleveurs se battent pour obtenir un prix d’achat correct. Mais en opposant aux immenses fermes le « modèle français » d’exploitations de plus petite taille, certains d’entre eux finissent par considérer que la solution ne peut venir que des consommateurs, qui devraient être prêts à payer plus cher pour la qualité française.

Le vrai problème est pourtant bien de s’en prendre à la domination des groupes capitalistes dans le domaine de l’agroalimentaire comme dans les autres.

Inès Rabah