Hôpitaux : une pétition pour dénoncer la situation

17 Janvier 2018

Une pétition dénonçant la situation dramatique dans les hôpitaux a été largement signée par plus de 1 000 médecins et cadres de santé. Cette pétition intitulée Hôpital public : pour en finir avec le toujours plus avec toujours moins dénonce la tarification à l’activité (T2A), ce système mis en place il y a une dizaine d’années, avec d’ailleurs le soutien affirmé de certains chefs de services et de cadres hospitaliers.

Les hôpitaux devaient se financer en fonction de leurs activités, ce qui amenait à favoriser les activités rentables aux dépens d’autres qui l’étaient moins. Parallèlement les gouvernements successifs menaient des politiques d’austérité sous prétexte de réduire le « trou » de la Sécurité sociale. Dernier en date, le budget de la Sécurité sociale présenté en décembre 2017 prévoit ainsi 1,2 milliard d’économies dans les hôpitaux.

Aujourd’hui, la situation dans les hôpitaux devient dramatique et les signataires de la pétition ont bien raison de la dénoncer. Des services sont supprimés, d’autres fonctionnent avec de moins en moins de personnel, des lits sont fermés et pas seulement l’été. Tous ceux qui travaillent à l’hôpital, des médecins aux infirmiers en passant par les aides-soignantes ou encore les ouvriers, savent que l’on va dans le mur. En décembre, dans les hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), des centaines de salariés se sont mobilisés contre le projet de supprimer près de 1 000 emplois en affirmant : « Notre mission, c’est de soigner les humains, pas les déficits ».

La ministre de la Santé annonce pour 2018 un plan Hôpital censé revenir sur certains excès de la T2A. Mais une chose est certaine, ce énième plan Hôpital continuera à demander à l’hôpital public d’être rentable. C’est d’ailleurs une idée que même les signataires de la pétition reprennent en partie en parlant de « pertinence des soins » ou encore de supprimer « la prescription d’examens inutiles ». Mais le fond du problème est qu’il n’y a aucune raison de discuter de rentabilité pour la santé. Bien au contraire, il faut que les budgets des hôpitaux, et plus généralement de la santé, augmentent chaque année pour bénéficier de moyens techniques accrus, pour construire de nouveaux établissements et embaucher massivement.

Mener une telle politique serait rompre avec la logique capitaliste et on ne peut attendre cela ni de la ministre de la Santé ni de Macron. Il faudra le leur imposer.

Cédric DUVAL