Fonction publique : recul programmé des salaires

17 Janvier 2018

Afin de compenser la hausse de la CSG pour les salariés de la fonction publique comme il s’y était engagé, le gouvernement leur versera dès le mois de janvier une indemnité compensatrice, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels. Mais loin de garantir le maintien de leurs rémunérations, le système qu’il met en place programme au contraire leur recul dans les années à venir.

Comme pour le privé, le gouvernement a créé là une petite usine à gaz. La plupart des fonctionnaires bénéficieront eux aussi de la suppression de certaines cotisations. Ainsi les agents titulaires cesseront de payer la contribution exceptionnelle de solidarité de 1 %, assimilée à une cotisation chômage. Quant aux contractuels, nombreux dans toute la fonction publique, ils ne seront plus redevables de la cotisation maladie de 0,75 %. Mais comme cela ne suffisait pas pour compenser la hausse de la CSG, qui se monte à 1,7 %, le gouvernement a créé une prime dont le montant varie en fonction des catégories de personnel.

Le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre chargé de la fonction publique, Gérald Darmanin, ont répété à de multiples occasions que la hausse de la CSG serait neutralisée. Mais ce n’est vrai que pendant deux ans. En effet, à partir de 2020, le montant de la prime sera gelé alors que le prélèvement de la CSG pourra continuer d’augmenter avec les salaires.

Après avoir décidé le gel du point d’indice qui détermine l’évolution des salaires et le rétablissement du jour de carence, après avoir programmé la suppression de 120 000 emplois pour les cinq ans à venir, le gouvernement continue ainsi de s’en prendre aux salariés de la fonction publique.

Marc RÉMY