Eure-et-Loir : 66 classes menacées de fermeture

17 Janvier 2018

Macron et son ministre de l’Éducation, Blanquer, ont fait grand bruit de leur volonté de dédoubler les classes de CP et CE1 dans les zones difficiles, dites REP et REP+. Ils ont annoncé pour cela la création de 3 881 postes dans le primaire... au niveau national, ce qui est dérisoire !

Le département de l’Eure-et-Loir en est une bonne illustration : pour mettre en place 13 nouveaux dédoublements dans le département, l’inspecteur d’académie a annoncé la fermeture de 66 classes à la rentrée 2018, un nombre qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Même s’il devait être légèrement revu à la baisse (il est classique d’annoncer beaucoup puis de supprimer un peu moins au final, afin de faire passer la pilule), cela va évidemment créer des classes avec de plus gros effectifs, notamment en maternelle, où il n’est pas rare de voir des classes à plus de 28 élèves.

Ces maternelles vont en outre pâtir de suppressions de postes d’agents Atsem (agents spécialisés des écoles maternelles) par les mairies dans nombre de communes, du fait de la suppression de contrats aidés financés jusqu’ici par l’État. « L’entrée dans les apprentissages », pour parler comme le ministère et ses relais locaux, qui savent si bien pérorer sur la pédagogie, sera rendue plus difficile en premier lieu pour les élèves en difficulté, d’autant plus que les Rased (réseaux d’aide aux élèves en difficulté) sont en voie de disparition dans nombre d’écoles.

Les conditions de travail des enseignants ne vont pas non plus s’améliorer, mais des professionnels de la pédagogie sauront probablement leur expliquer qu’il faut savoir s’adapter, leur rappelant au passage qu’ils font « un métier formidable ».

Dans le département, des parents, des enseignants et des élus de petites communes réagissent : pétitions, banderoles devant les écoles, délégations auprès de l’inspection sont annoncées quotidiennement dans la presse locale. Le 12 janvier, jour de réception par les inspecteurs de délégations représentant les écoles menacées, l’école Jean-Macé de Lucé, en banlieue de Chartres, s’est mise en grève et les parents se sont fait entendre au son de leurs sifflets et tambours. Gageons que d’autres écoles suivront cet exemple pour dénoncer ces attaques.

Correspondant LO