Comment aider les patrons à licencier

17 Janvier 2018

Comme on pouvait s’y attendre, le porte-parole du gouvernement Benjamin Grivaux a défendu le 10 janvier le décret concocté par le ministère du Travail qui donne des conseils aux patrons pour qu’ils puissent licencier librement sans craindre un éventuel procès.

Publié le 30 décembre au Journal officiel, le décret comporte en annexe six modèles de lettres-types, selon le motif de licenciement. Il peut être disciplinaire, pour faute grave ou non disciplinaire, par exemple si la présence du salarié occasionne un trouble au bon fonctionnement de l’entreprise, ne serait-ce qu’à cause du poste qu’il occupe. Vient ensuite un modèle pour inaptitude d’origine non professionnelle, et cela peut avoir une cause médicale. Trois autres se rapportent aux licenciements économiques, soit individuels, soit collectifs, pour les entreprises de moins de 50 salariés, soit encore pour les plus grandes.

Lors de la discussion du projet, la CGT avait dénoncé ce kit clés en mains permettant aux patrons de licencier en toute impunité. Effectivement, c’est une facilité de plus que le gouvernement offre au patronat. Car si des patrons étaient poursuivis en justice pour licenciement abusif, la plupart, surtout dans les grandes entreprises, avaient déjà à leur disposition toute une batterie de lois et de procédures, ainsi que toute une armée de juristes pour les interpréter, leur permettant de priver des travailleurs de leur emploi en toute légalité.

Ce décret, avec les six modèles de lettres qu’il contient, est un message supplémentaire du gouvernement au patronat : licenciez autant que vous voulez, nous sommes là pour vous aider à le faire. Mais Macron et ses subalternes oublient cependant une donnée : les patrons peuvent suivre le modèle du parfait petit licencieur et bloquer toutes les voies légales pour empêcher les victimes d’obtenir réparation, il restera toujours aux travailleurs la voie de la colère pour riposter.

Marianne LAMIRAL