Besnier : un grand bourgeois

17 Janvier 2018

Le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, est le type même du grand bourgeois.

Après avoir intégré une grande école de commerce, à 30 ans, il hérite de l’entreprise laitière créée par son grand-père. Ensuite il rachète ses concurrents les uns après les autres, jusqu’à constituer l’empire Lactalis, aujourd’hui premier groupe laitier mondial, qui transforme huit milliards de litres de lait dans 246 sites de production répartis dans 47 pays.

Besnier possède désormais une fortune personnelle de 13,6 milliards d’euros, la huitième de France. C’est donc sans l’écorner qu’il s’offre, comme tout homme du monde, quelques résidences secondaires bien choisies, chalet à Courchevel ou château 19e équipé de court de tennis, piscine et sauna. Les médias insistent sur son goût pour la discrétion mais il est seulement comme bien des bourgeois qui préfèrent laisser le devant de la scène aux PDG et aux hommes politiques qu’ils rémunèrent.

Surtout, Besnier ressemble à tous les autres bourgeois en ceci qu’il tire sa fortune de l’exploitation des travailleurs (75 000 salariés chez Lactalis) et qu’il cherche sans aucun scrupule à augmenter les bénéfices de son entreprise, quitte à mettre en danger les bébés, à ruiner les éleveurs comme on l’a vu l’an dernier, à polluer des rivières (ce qui lui vaut une condamnation), et à mentir dans toutes les situations.

Ajoutons qu’il sait pouvoir compter sur la complaisance de l’État qui se contente d’une amende lorsqu’il refuse de se conformer à ce que la loi impose en matière de publication des comptes.

Tout cela explique la croissance très rapide de la fortune de Besnier, qui n’était encore « que » de 4,3 milliards en 2013.

Stéphane FORT