SNCF : un audit pour ne rien entendre

10 Janvier 2018

Dans la période de Noël, la SNCF a renouvelé, non le miracle de la multiplication des pains, mais celui des pannes. Le gouvernement a donc fait mine de s’indigner et la ministre des Transports Élisabeth Borne a convoqué Guillaume Pepy, le président de la SNCF, au rapport.

Borne connaît pourtant mieux que quiconque les raisons des pannes à répétition : elle était au comité exécutif et directrice de la stratégie de la SNCF entre 2002 et 2007. L’état d’abandon du réseau ferré était déjà sur la place publique. Et le vieillissement et l’absence d’entretien du réseau et des installations n’ont fait qu’empirer depuis.

Sa comparse, Muriel Penicaud, ministre du Travail, a été quant à elle membre du conseil d’administration puis de surveillance de la SNCF de 2013 à 2017.

Fréquemment, quand un gouvernement veut enterrer un problème, il crée une commission. À la SNCF, on fait un audit. C’est donc un audit des grandes gares et un diagnostic de toutes les installations électriques et informatiques qui ont été annoncés. Mais plus que d’audit, c’est d’audition que manque la SNCF : les cheminots et les associations d’usagers alertent en permanence sur le manque d’entretien des installations et de personnel d’entretien et en gare. Or la SNCF a encore annoncé plus de 2 000 suppressions d’emplois en 2018.

Autre mesure censée bouleverser le quotidien des voyageurs, ils seront informés en temps réel, selon Pepy, par « un indicateur de gravité des incidents d’exploitation du réseau affectant les voyageurs, sur une échelle de 1 à 7 ». C’est l’équivalent de l’échelle de Richter pour les tremblements de terre. En bref, la SNCF propose de mesurer la magnitude des petites et grandes catastrophes que sa politique provoque chaque jour davantage.

Alors souhaitons que la colère et la mobilisation des cheminots et des usagers passe en 2018 de 1 à 7 !

Christian BERNAC