Pimkie, PSA et les autres : destructeurs d’emplois

10 Janvier 2018

Les patrons, à l’image de ceux de Pimkie et de PSA, ont décidé d’utiliser pour supprimer des emplois un aspect des ordonnances Macron : les ruptures conventionnelles collectives (RCC). Le décret a été publié le 22 décembre et certains se jettent déjà dessus.

Pour Pimkie, il s’agit de supprimer 208 emplois sur 1 900 et de fermer 37 magasins en France. La direction du groupe se justifie en parlant de déficit et d’une baisse de 10 % du chiffre d’affaires en 2017. Elle envisage de supprimer 132 magasins sur 754 en Europe, soit plus de 10 % des emplois. Évidemment, elle se garde bien d’évoquer les milliards gagnés par la famille Mulliez qui possède des dizaines d’enseignes dont Auchan. Pour le moment, les patrons de Pimkie n’ont pas obtenu l’accord prévu par le système des RCC, les trois principaux syndicats, qui représentent 70 % du personnel, ayant refusé de signer.

De son côté, PSA a annoncé sa volonté de supprimer 2 200 emplois, après en avoir déjà supprimé 25 000 depuis cinq ans. 1 300 travailleurs partiraient dans le cadre de ces RCC et 900 en préretraite sans être remplacés (congés seniors). Le groupe cherche à se justifier en parlant d’embaucher 1 300 CDI. Mais on sait ce que valent de telles promesses et en tout cas il s’agit une nouvelle fois de réduire les emplois et d’accroître la charge de travail de chacun. Car les chaînes de production tournent à plein et les profits explosent.

Dans de nombreuses usines PSA, des samedis sont programmés chaque semaine. À Poissy, la direction voudrait faire travailler dix minutes de plus par jour sur les temps de pause. À Sochaux, la direction est fière d’annoncer qu’elle veut produire 500 000 voitures par an, un chiffre comparable à ce qui se faisait dans les années 1970… avec 24 000 ouvriers en plus. Partout, sur les chaînes, où le travail est le plus dur, les patrons veulent remplacer les ouvriers en CDI par des intérimaires. Et la direction de PSA a aussi en projet la fermeture de l’usine de Saint-Ouen.

Pour poursuivre cette guerre contre les travailleurs, supprimer toujours plus d’emplois, aggraver l’exploitation pour que les fortunes des actionnaires continuent à gonfler, les patrons apprécient visiblement le système des RCC. Avec cette procédure, le temps de carence pour s’inscrire à Pôle emploi passerait de 75 jours actuellement à 150 jours. D’autre part, les patrons n’auraient plus à justifier ces suppressions d’emplois par des difficultés économiques. Ils ne seraient même pas soumis à l’obligation de reclassement même si celle-ci était déjà surtout théorique. Même si officiellement les primes de départ ne peuvent pas être moindres que les primes légales d’un plan dit social, avec les RCC, il n’y a plus de possibilité de contester ces départs et donc de faire appel à la justice.

La ministre Pénicaud, ministre du Travail mais plutôt du capital, prétend que cela évitera « la violence symbolique du licenciement » et qu’il ne pourra s’agir que de travailleurs volontaires. Dans la guerre que mène le patronat avec le soutien inconditionnel du gouvernement, la violence n’est pas symbolique mais bien réelle. Comme l’est aussi la nécessité pour les travailleurs de répondre à cette violence par la lutte collective.

Marion AJAR