Nos lecteurs écrivent : parcours d’obstacles pour une immigrante

10 Janvier 2018

Chers camarades,

Je vous écris pour vous raconter le parcours du combattant d’une personne immigrant légalement en France. Ma compagne est arrivée fin juillet, avec un visa légal, car pour éviter les problèmes bureaucratiques, nous nous sommes mariés. Dès l’arrivée, nous avons envoyé un courrier recommandé à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration).

Après un accusé de réception, celui-ci nous a demandé d’être, le mardi 26 septembre, à Lille, à 110 km de notre domicile, faute de quoi ma compagne serait en situation irrégulière. J’ai dû demander une journée d’absence (je travaille dans l’éducation nationale), qui m’a été accordée… sans traitement. Or, ma compagne parlant peu le français et ne connaissant pas la ville, je me devais de l’accompagner.

Ce jour-là, on devait venir avec des papiers et… un timbre fiscal de 250 euros. On a été très vite séparés, elle a dû faire des tests de français, ça a duré l’après-midi entière et on lui a dit qu’il fallait qu’elle soit à Arras… cinq jours plus tard, pendant deux jours, pour faire une formation sur le civisme et l’histoire de France… Sur la convocation, il était écrit que « l’assiduité à cette formation serait prise en compte par le préfet pour le renouvellement de la carte de séjour ». On a donc dû, en urgence, trouver un hôtel (et le payer) et j’ai dû la conduire le dimanche. Elle a fait la formation, qui était en français et donc qu’elle n’a compris qu’à moitié. Elle est rentrée en train (puisque je travaillais) en faisant tout un périple car, bien sûr, les lignes de train sont de moins en moins développées. J’ai calculé qu’en tout, cette plaisanterie nous a coûté entre 700 et 800 euros.

Tout ceci pour dire qu’elle avait la chance d’avoir avec elle quelqu’un qui parle français, connaît la région et avait un peu d’argent de côté, et qu’elle comprend un peu le français. Maintenant imaginez les immigrés n’ayant personne sur place, ne parlant pas un mot de français et sans le sou. Ces démarches, de très difficiles, deviennent impossibles.

Et c’est comme ça qu’on crée des immigrés sans papiers et que Collomb peut faire de la démagogie ensuite.

Des papiers pour tous ! Français ou étrangers nous sommes une seule classe ouvrière !

Nicolas (Nord)