Israël : migrants pourchassés

10 Janvier 2018

Depuis le 3 janvier est entré en vigueur en Israël un programme destiné à expulser 40 000 migrants en situation irrégulière, principalement originaires d’Afrique de l’Est, ayant fui les persécutions et la guerre en Érythrée et au Soudan.

Les migrants doivent quitter le pays d’ici le 1er mars, sous peine d’être ensuite incarcérés sans limite de durée. Pour ne pas être accusé de renvoyer les migrants vers des régimes où ils sont menacés de mort, comme l’ont dénoncé des manifestants en Israël le 6 janvier, le gouvernement Netanyahou propose de leur verser 3 000 euros en échange de leur départ vers des pays tiers comme le Rwanda ou l’Ouganda. Mais les représentants de ces pays ont démenti tout accord pour les accueillir.

Netanyahou poursuit, en la durcissant, la politique que mène son gouvernement à l’encontre de ces migrants qui arrivent en Israël en passant par le désert du Sinaï. Après avoir fait construire une barrière électrifiée à la frontière avec l’Égypte, enfermé les migrants dans des centres dans le désert du Néguev et refusé d’examiner toute demande d’asile, ce sera désormais l’expulsion en masse.

Le Premier ministre israélien s’en est d’ailleurs vanté, expliquant que la barrière avait empêché des centaines de milliers de migrants de passer en Israël, que 20 000 migrants avaient déjà été expulsés et qu’il comptait bien poursuivre la même politique.

Cherchant à plaire à l’électorat attiré par les sirènes de l’extrême droite, il y a ajouté sa dose de démagogie en direction des classes populaires, affirmant que les logements des quartiers du sud de Tel Aviv où se concentrent les migrants seraient rendus ensuite aux citoyens israéliens.

Déportation des migrants, démagogie xénophobe pour masquer la responsabilité de son gouvernement dans l’aggravation des problèmes de la population en Israël, Netanyahou applique la même recette qu’il utilise contre les Palestiniens. Il ne connaît pas d’autres méthodes que celles d’une politique réactionnaire.

Gilles BOTI