En Méditerranée : le crime continue

10 Janvier 2018

En 2017, 120 000 migrants auront réussi la périlleuse traversée entre la Libye et l’Italie, contre presque 200 000 l’année précédente. Les organismes officiels comme les associations ont dénombré 3 000 noyés, contre près de 6 000 en 2016. Nul ne sait combien de personnes ont disparu sans laisser de traces.

En fait ces chiffres ne montrent pas que la situation serait moins dramatique. Il y a en effet toujours autant de candidats au voyage vers l’Europe, quels que soient les risques. La guerre, la pauvreté, l’oppression sont toujours le lot de centaines de millions d’êtres humains et poussent à l’émigration les plus déterminés d’entre eux. Mais les États européens, la France et l’Italie en tête, payent en Afrique des bandes de criminels pour retenir les migrants à différentes étapes de leur parcours.

Cette politique a eu des conséquences particulièrement horribles en Libye. Un reportage a montré que ces mercenaires, payés par les Européens, s’étaient transformés en trafiquants d’esclaves. Des marins qui secourent les migrants à la limite des eaux territoriales libyennes ont raconté avoir eu à se battre pour arracher ces malheureux aux griffes des gardes-côtes.

Samedi 6 janvier encore, un radeau pneumatique chargé de 150 personnes a été récupéré en vue d’une plateforme pétrolière libyenne, alors qu’il était en train de se dégonfler. Entre 25 et 60 migrants auraient péri. Les autres ont été reconduits en Libye. À moins d’être vendus comme esclaves ou de périr sous les coups des bandes armées, ils retenteront leur chance. Que peuvent-ils faire d’autre ?

Contre tous les assassins, et surtout contre les tueurs en gants blancs que sont les gouvernements européens, il faut leur souhaiter de réussir.

Paul GALOIS