Coliposte : intérim et flexibilité à gogo

10 Janvier 2018

La Poste justifie la hausse récente du prix du timbre par la diminution du volume de courrier. De même pour les baisses d’effectifs. Pourtant, le nombre de colis, lui, ne cesse d’augmenter. Mais leur tri est assuré 24 h sur 24 par une armée d’intérimaires, au gré des fluctuations de trafic.

Tout est organisé pour accroître le sentiment de précarité. Par exemple, au centre de tri de la région lyonnaise, la plupart des intérimaires ne reçoivent pas de badge : même après six mois de travail sur le site, ils doivent tous les jours faire jusqu’à 15 minutes de queue au poste de garde pour y laisser leurs papiers. Chez Adecco, les horaires de travail sont communiqués chaque semaine via une application pour smartphone, et peuvent changer à la dernière minute. En voyant le planning, on peut vite reconnaître les travailleurs mal vus de la hiérarchie : leurs cases sont toutes vides ou en 24/24, c’est-à-dire un créneau où ils doivent être disponibles et arriver à tout moment... s’ils sont appelés, sans quoi ils ne touchent aucun salaire !

La flexibilité permet ainsi d’exercer une pression individuelle maximale. Mais cela n’est guère mieux pour ceux qui connaissent leurs horaires à l’avance. À l’automne, une bonne partie des horaires est passée à une durée de 5 h 45, juste sous la limite légale de 6 heures où la pause est obligatoire. On voit qui a absorbé l’intensification du trafic durant les fêtes… pendant que les profits s’accumulent dans les caisses de La Poste comme des Adecco, Manpower et autres.

Correspondant LO