Assurance chômage : une attaque en préparation

10 Janvier 2018

Dans le cadre de la future réforme de l’assurance chômage, le gouvernement prévoit de modifier les sanctions qui s’appliquent aux chômeurs.

Ce gouvernement comme les précédents, à défaut de pouvoir véritablement faire baisser leur nombre, prévoit de leur rendre la vie plus difficile. Sous prétexte de « meilleur contrôle et accompagnement », il prévoirait d’imposer aux chômeurs la rédaction d’un journal de bord de leurs recherches afin de prouver qu’ils cherchent bien un emploi. Il revient aussi sur les sanctions prévues en cas de manquement : baisse des allocations chômage pour deux mois dans un premier temps pour un défaut de recherche active, le refus d’une formation ou celui de deux offres d’emploi dites raisonnables.

Vu le nombre de demandeurs d’emploi que chaque employé de Pôle emploi doit suivre, cette demande de rapport d’activité n’a aucun sens. Nombre de chômeur tentent désespérément d’obtenir des propositions que Pôle emploi est incapable de leur fournir. Et encore faudrait-il qu’il y ait quelqu’un pour lire ces rapports.

En fait, tout cela n’est pas nouveau puisque depuis que le pays connaît un chômage de masse, les mesures de contrôle et de sanction contre les chômeurs se sont succédé. Celles de 2008 ont prévu des radiations temporaires ou des réductions d’allocations pour les raisons invoquées dans le projet. Elles prévoyaient aussi une radiation temporaire en cas d’absence du demandeur aux convocations de Pôle emploi. C’est d’ailleurs jusqu’à présent la raison principale des radiations. On ne sait si dans le nouveau projet les sanctions seraient aggravées ou au contraire allégées.

L’essentiel n’est pas là mais dans la propagande dont à son tour Macron use et abuse pour renforcer les préjugés contre les chômeurs, que certains considèrent comme des fainéants profitant du travail des autres et ponctionnant les budgets.

Macron a justifié l’utilité de telles mesures en affirmant « les quelques-uns qui abusent des règles, il est normal qu’ils soient contrôlés ». Il serait bon qu’il applique ce genre de raisonnement à l’ensemble des riches et des grandes entreprises qui échappent aux impôts !

Quelles que soient finalement les nouvelles mesures, elles seront le prétexte à de nouvelles tracasseries, voire à des sanctions lourdes frappant des travailleurs déjà atteints par la privation d’emploi.

Inès Rabah