Afrique : dehors les troupes françaises !

10 Janvier 2018

En ce début 2018, près de 10 000 soldats français sont présents sur le continent africain. Sous prétexte d’y lutter contre l’insécurité, ils assurent simplement la défense des intérêts de l’impérialisme français.

Au Sahel, les 4 000 hom­mes de l’opération Barkhane, non seulement n’ont pas réussi à éradiquer les groupes djihadistes, mais ont assisté impuissants à leur implantation dans des zones jusque-là épargnées, à tel point que l’on parle maintenant d’un véritable enlisement de l’armée française.

C’est d’abord le cas au Mali, où le centre du pays, après le Nord, est devenu la cible de ces groupes armés. Ceux-ci veulent imposer leur dictature moyenâgeuse, interdire la scolarisation des filles, appliquer la charia. C’est également ce qui se passe au Burkina Faso, particulièrement dans la région frontalière avec le Mali et le Niger. Dans ce pays, le meurtre d’un directeur d’école a entraîné en mars la fuite des enseignants et la fermeture des écoles du secteur. Au Niger, plusieurs régions vivent depuis le mois de mars sous l’état d’urgence. Les attentats, qui n’ont pas cessé, ne sont que la partie la plus visible de l’insécurité générale qui touche la population. En août dernier, des terroristes ont assassiné 18 personnes dans un café de Ouagadougou, la capitale burkinabé.

Les troupes françaises ne peuvent guère enrayer la montée de l’influence des groupes djihadistes. Tout le monde sur place peut constater qu’elles soutiennent des dictateurs plus enclins à rançonner la population qu’à la défendre. Quant aux troupes locales, sur lesquelles l’armée française cherche désespérément à se décharger d’une partie du travail, les habitants des régions menacées ont appris à s’en défier peut-être autant que des djihadistes.

Loin d’éradiquer les groupes armés, l’intervention française leur fournit de nouvelles recrues. Mais l’objectif véritable de cette présence militaire n’est pas de protéger la population. Au Sahel, ce sont les intérêts d’Areva, de ses mines et de son monopole sur l’uranium du Niger que défend l’armée française. De même, les 350 hommes basés au Gabon sauvegardent les profits de Total, dont ils ont déjà protégé à plusieurs reprises les installations. Les 950 soldats français stationnés en Côte d’Ivoire sont intervenus en 2011 pour imposer l’actuel président Ouattara, et pourront au besoin influer à nouveau, les armes à la main, sur la politique du pays. La présence de l’armée française dans ses anciennes colonies permet par la même occasion à l’impérialisme français d’entretenir un réseau de dirigeants locaux qui sont ses obligés, et de jouer ainsi dans les relations internationales et à l’ONU un rôle disproportionné par rapport à son faible poids économique.

Il y a là autant de motifs qui n’ont rien à voir avec la protection de la population africaine, et sont au contraire d’excellentes raisons d’exiger le retrait des troupes françaises du continent.

Daniel MESCLA