Sans-abri : les mensonges de Macron

03 Janvier 2018

« Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans la rue », avait déclaré Macron en juillet dernier. On en est très loin car, comme le soulignait le président d’Emmaüs, « aucune mesure sérieuse n’a été prise ».

Pour justifier son triste bilan, Macron n’a pas manqué de bons soldats. Pour ceux-ci, tout irait bien dans le meilleur des mondes. La palme de ces déclarations revient à Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche (LREM). Après avoir répété qu’il y avait suffisamment de places d’accueil, il a rejeté la responsabilité des problèmes sur les SDF eux-mêmes. « Il y a des femmes et des hommes qui refusent aussi, dans le cadres des maraudes, d’être logés », a-t-il affirmé. À cela, la fondation Abbé-Pierre a répondu : « Ce n’est pas parce que certains SDF refusent qu’on les jette dans des hangars inqualifiables d’absence d’hygiène et de violence permanente, qu’il faut expliquer par ces cas marginaux l’absence de prise en compte d’une urgence considérable. »

Les faits démentent l’autosatisfaction gouvernementale. Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, rappelle que 10 000 places d’hébergement d’urgence avaient été ouvertes en 2016, soit 1 000 de plus que cette année, ce qui était de toute façon déjà insuffisant. Selon Éric Pliez, président du Samu social, il manque au moins 3 000 places d’hébergement d’urgence. Chaque soir le 115, numéro d’urgence pour ceux qui ne trouvent pas de toit, est saturé. En novembre, le baromètre du 115 a révélé que, sur 35 380 demandes d’hébergement, soit des appels passés par 5 900 personnes, seules 25 % ont abouti.

Les moyens pour loger ceux qui se retrouvent sans toit seraient faciles à trouver, si ceux qui gouvernent y mettaient les moyens financiers et politiques. Mais leur priorité est tout autre. Elle consiste à aider les plus riches, les repus !

Aline RETESSE