Portugal : grève de Noël dans les supermarchés

03 Janvier 2018

Une partie des employés des entrepôts et des plateformes logistiques de la grande distribution, ainsi que leurs collègues des magasins et supermarchés, ont fait grève au Portugal, les 22, 23 et 24 décembre, à l’appel du syndicat du secteur, affilié à la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP).

Le but initial de cet appel à la grève était d’accélérer les négociations de l’accord de branche, en discussion entre patrons et syndicat depuis plus d’un an. Mais, pour les travailleurs, il s’agissait avant tout de revendiquer des augmentations de salaire et l’amélioration des horaires de travail. Que ce soit dans les magasins ou dans les entrepôts, les salaires sont le plus souvent au smic (557 euros), pour des horaires à rallonge.

La grève s’est traduite par des manifestations de salariés devant les installations de Lidl, Minipreço (groupe Dia), Pingo Doce (groupe Jeronimo Martins lié à Unilever) et Sonae-Continente (lié à Carrefour). Selon le syndicat, plus de la moitié des salariés ont fait grève. 80 à 90 magasins ont été fermés. Les grandes surfaces ont réussi à fonctionner tant bien que mal, en mettant aux caisses des chefs et quelques intérimaires.

Comme la grève à la Poste les 21 et 22 décembre contre un plan de licenciements et de fermetures de bureaux, comme les grèves de fonctionnaires d’octobre-novembre, le mouvement revendicatif des salariés du commerce montre qu’il y a dans la classe ouvrière un mécontentement, après des années de reculs des salaires et des conditions de travail. Les travailleurs veulent des améliorations et ne croient pas que le gouvernement socialiste en place depuis fin 2015 va les leur donner.

Vincent GELAS