Obsolescence programmée : gaspillage à l’échelle industrielle

03 Janvier 2018

Le 28 décembre, la justice a révélé qu’une enquête était en cours sur les pratiques du fabricant d’imprimantes Epson, suite à une plainte déposée par une association pour obsolescence programmée. Cette expression désigne l’ensemble des pratiques par lesquelles les industriels incitent ou contraignent les acheteurs de leurs produits à les remplacer alors que, techniquement, ils pourraient durer et servir plus longtemps.

Le géant de l’impression est accusé de réduire artificiellement la durée de vie des cartouches de ses imprimantes. Celles-ci intègrent une puce électronique qui enregistre le nombre d’impressions effectuées et évalue ainsi l’encre disponible. Lorsqu’elle est déclarée vide, la cartouche doit être changée. Mais l’association a mesuré que les cartouches ainsi mises hors service contiennent encore de 20 à 40 % de leur capacité d’encre.

Autre entreprise mise en cause, Apple vient de reconnaître qu’elle ralentit le fonctionnement de ses modèles de téléphone au bout d’un an. Apple se défend en invoquant des raisons techniques liées à des problèmes de batterie mais il est bien évident que de telles pratiques ne sont pas pour rien dans le fait que les téléphones portables sont remplacés en moyenne tous les vingt mois… et que les constructeurs ne s’en plaignent pas.

Ces pratiques ne sont bien sûr ni nouvelles ni isolées. Les formidables possibilités de la technique et de l’intelligence humaines pourraient permettre d’améliorer le bien-être de tous en économisant le travail et les ressources naturelles. Mais dans une économie dont la seule boussole est le profit individuel d’une minorité de parasites capitalistes, il est inévitable qu’elles soient parfois employées dans un sens opposé. Loin du mythe des défenseurs de l’économie de marché selon lesquels elle stimulerait le progrès.

Nicolas CARL