Grand-Paris : le scandale du Charles-de-Gaulle express

03 Janvier 2018

L’État prépare activement la construction d’un métro automatique devant relier Paris et l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. « Il est indispensable d’accélérer la réalisation de cette infrastructure dans la perspective des jeux Olympiques de 2024 », a justifié le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Les JO ont bon dos !

Faute d’avoir réuni des financements privés, l’État va financer la construction en prêtant 1,7 milliard d’euros. Les associations d’usagers, dont Non au CDG express, s’opposent à juste titre à ce projet. Elles soulignent que de nombreux travaux pour les transports du quotidien sont bloqués, faute de financement : extension du tramway T1, prolongement de la ligne 11 du métro, sans parler des lignes 16 et 17 du métro du Grand-Paris, dont la construction est menacée dans les délais.

La ligne 17 doit pourtant desservir non seulement l’aéroport, mais aussi plusieurs gares en Seine-Saint-Denis puis dans les Hauts-de-Seine. Quant à la ligne B du RER, elle dessert déjà Roissy et toute une partie de la banlieue nord. Avec 900 000 voyageurs par jour, elle est saturée et aurait grand besoin d’investissements. Mais c’est le CDG express, qui transportera au plus 20 000 passagers par jour, soit 45 fois moins, qui va bénéficier du jackpot.

À quelque 24 euros l’aller simple, et inaccessible aux détenteurs du Pass Navigo, le CDG express sera pour les plus aisés. Il ne s’arrêtera pas dans les villes de banlieue qu’il traverse, même si les banlieusards riverains de la ligne subiront ses nuisances sonores.

Le gouvernement Macron-Philippe sert les riches contre les classes populaires, jusques et y compris dans son choix concernant les transports publics.

Michel BONDELET