États-Unis : Trump contre les droits des femmes

03 Janvier 2018

Trump a élargi la portée de la loi qui interdit le financement par les États-Unis d’organisations non gouvernementales travaillant à l’étranger qui donnent des informations ou des conseils en matière d’avortement et favorisent le développement de structures permettant les interruptions volontaires de grossesse.

Il y a un an déjà, nouvellement élu, il avait annoncé qu’il ferait appliquer cette « loi du bâillon » instaurée en 1984 sous l’administration Reagan. Mise entre parenthèses par les démocrates, elle a été réactivée à chaque retour des républicains à la Maison-Blanche.

Trump en a fait un étendard du combat réactionnaire qu’il mène contre l’avortement. La dernière fois qu’elle fut mise en application, sous George Bush junior, elle n’affectait que le budget alloué à des organisations de planning familial. Cette fois-ci, Trump a resserré le bâillon en décidant de conditionner toute l’aide de santé octroyée par les États-Unis, presque 9 milliards de dollars, à son chantage rétrograde. Toute organisation demandant à avoir accès à cette aide devra signer un engagement à bannir l’avortement de ses pratiques et même de ses écrits.

L’application de cette règle du bâillon sous George Bush avait réduit déjà considérablement les activités d’associations de planning familial. L’une d’elles, au Ghana, avait réduit le nombre de ses soignants de moitié. Selon l’ONG Marie Stopes International, le retrait financier américain, poussé encore plus loin par Trump, pourrait avoir comme effet, sur la durée de son mandat (2017-2020), plus de 6 millions de grossesses non désirées, 2 millions d’avortements clandestins et des dizaines de milliers de décès de femmes en couches.

Les associations regroupées dans le Partenariat de Ouagadougou, dont l’objectif est d’accroître l’accès à la contraception en Afrique de l’Ouest, font état des conséquences du retrait du financement américain, qui est le plus important et représente 50 % des sommes investies dans la région sur ce sujet.

Qu’elle sévisse à l’intérieur des États-Unis ou dans les pays pauvres tributaires des fonds américains, la politique de Trump contre les droits des femmes est criminelle.

Gaëlle Regent