Centres-villes désertés : petites cités et grandes surfaces

03 Janvier 2018

Le Premier ministre et la quasi-totalité du gouvernement se sont déplacés à Cahors, dans le Lot, les 14 et 15 décembre, paraît-il pour montrer que l’État ne se désintéresse ni des régions, ni des petites villes et qu’il connaît les problèmes des unes et des autres.

En vertu de cet « intérêt » le gouvernement a confirmé qu’il demandait aux collectivités locales de faire quinze milliards d’euros d’économies dans les cinq prochaines années, une ponction qui vient après celles infligées successivement par Sarkozy et Hollande. Mais le Premier ministre a aussi annoncé la création d’une Action cœur de ville, dotée de cinq milliards d’euros pour cinq ans. Cette somme, accompagnée de quelques mesures réglementaires, est destinée à favoriser l’implantation de commerces au centre des villes moyennes, comptant de vingt à cent mille habitants.

Avec cette annonce, le gouvernement veut montrer qu’il répond aux préoccupations des élus de ces petites villes dont les rues principales sont bordées de devantures vides, de vitrines ornées d’annonces « à vendre », quand ce n’est pas de bâtiments en déshérence, à moitié en ruine. Mais cela ne suffira pas à réanimer les centres-villes devenus déserts et lugubres du fait de la multiplication des grands centres commerciaux en périphérie.

Les municipalités et les gouvernements successifs ont tous pris des mesures prétendant aider au maintien des commerces de centre-ville. Tous les gouvernements, depuis Giscard au moins, ont eu leur ministre ou secrétaire d’État au petit commerce, ne serait-ce que pour des raisons électorales. Mais ils ont tous favorisé avec empressement l’installation de ces zones commerciales.

Les classes populaires y font désormais leurs courses. Elles n’ont d’ailleurs pas le choix, pour des raisons d’emploi du temps, de commodité, de budget. La baisse continue du niveau de vie de la population la porte évidemment plus vers ces magasins que vers les commerces de détail de centre-ville. Aucune mesure, gouvernementale ou municipale, ne pourra changer cet état de fait.

Le centre des petites villes, particulièrement des petites villes ouvrières dévastées par le chômage, est désert durant la journée, mort après la fermeture de la mairie et celle de la poste.

Les Macron, Philippe et autres gestionnaires des affaires du capital prétendent aujourd’hui combattre cette déshumanisation. On peut juger de leur bonne foi en comparant les chiffres : des dizaines de milliards d’euros de réductions des subventions aux collectivités locales et des aides multiformes aux grands groupes capitalistes, au premier rang desquels les géants du commerce ; cinq milliards, sur cinq ans, pour revitaliser les centres-villes.

Paul GALOIS