Allier : débrayages en série

03 Janvier 2018

Mardi 19 décembre, les employés des Finances publiques des centres de Moulins-Yzeure, Vichy et Montluçon ont débrayé, protestant une nouvelle fois contre les suppressions de postes.

En 2018, quinze postes disparaîtront au total. Depuis dix ans, 107 postes ont été supprimés dans l’Allier, autant d’emplois qui ne sont plus proposés à des jeunes.

Les trésoreries d’Ebreuil et de Lurcy-Lévis ont fermé, l’accueil du Centre des impôts n’est souvent plus ouvert au public, auquel les agents sont censés dire : Consultez Internet !

Le même jour, les agents de service des lycées Albert-Einstein de Montluçon et Jean-Monnet d’Yzeure étaient en grève pour dénoncer la précarité des contractuels embauchés pour des périodes de plus en plus courtes, de moins de six mois. Et le manque de personnel titulaire dans les établissements conduit à une surcharge de travail qui va en s’aggravant.

Ces agents ont réclamé des embauches ainsi qu’un alignement des salaires sur ceux de leurs collègues de Rhône-Alpes, qui ont une prime annuelle de 1 600 euros. Cette prime devrait bénéficier aux agents de l’Auvergne, maintenant qu’ils ont été intégrés dans la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette grève illustre le mécontentement du personnel des lycées, de moins en moins nombreux à assurer de plus en plus de tâches.

Le vendredi 22 décembre, c’est le personnel du magasin Carrefour de Montluçon qui débrayait. Les travailleurs protestaient contre la modification possible de leur statut, leur magasin passant en location-gérance en 2018. Si le repreneur est normalement obligé de reprendre tout le personnel, les accords collectifs peuvent être dénoncés, ce qui pourrait faire perdre entre un et deux mois de salaire. L’intéressement et le plan épargne du groupe pourraient aussi être remis en cause. Le groupe Carrefour, qui a fait 746 millions d’euros de bénéfices en 2016, est en train de se réorganiser. Ce n’est pas au personnel d’en faire les frais !

De Carrefour aux lycées et aux trésoreries, période de fêtes ou non, les travailleurs ont toutes les raisons de montrer leur mécontentement.

Correspondant LO