Salvador : trente ans de prison pour une fausse couche !20/12/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/12/2577.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Salvador : trente ans de prison pour une fausse couche !

Le 14 décembre un tribunal salvadorien a confirmé la peine de trente ans de prison infligée en 2008 à Teodora Vasquez, 34 ans. Son crime ? Avoir fait une fausse couche.

Dans ce pays d’Amérique centrale de six millions d’habitants, la justice considère qu’une fausse couche est un homicide aggravé passible d’une peine de trente à cinquante ans de prison.

Depuis 1997, au Salvador, l’avortement est totalement interdit, quelles que soient les circonstances. Mais les peines encourues, de deux à huit ans de prison, sont plus légères que dans les cas de fausse couche.

Il y a dix ans, Teodora Vasquez, enceinte de neuf mois, était sur son lieu de travail quand elle a senti que l’accouchement se déclenchait. Elle a tenté en vain de contacter les urgences puis elle a perdu connaissance et le bébé n’a pas survécu. La police a été prévenue et, lors du premier jugement en 2008, la justice, comme elle fait souvent dans des cas similaires, a décidé qu’elle avait caché sa grossesse et qu’elle ne voulait pas de ce bébé.

En pratique, si une femme arrive aux urgences à cause d’une fausse couche, le personnel appellera la police pour ne pas être accusé de complicité. L’AFP a recensé le cas de 26 jeunes femmes ainsi arrêtées par la police pour délit de fausse couche !

Cette affaire suscite de l’émoi. Elle est dénoncée par Amnesty International. En septembre dernier, une manifestation a été organisée pour la dépénalisation de l’avortement. Et une poignée de médecins se sont regroupés pour soutenir une députée qui tente d’obtenir une loi sur l’avortement, d’ailleurs assez restrictive, mais la perspective des élections législatives en mars prochain rend peu probable que les députés aillent dans ce sens.

Toute l’histoire du pays depuis 1931 n’est qu’une succession de dictatures, de répressions, d’exécutions. Dans un tel contexte, oser manifester pour la libération de Teodora Vasquez est d’autant plus courageux.

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