Sommet de Paris : une finance verte comme les billets

13 Décembre 2017

Le 12 décembre, deux ans après l’accord sur le climat, le One Planet Summit s’est réuni à Paris. Il s’agissait, à son de trompe et malgré la défection des États-Unis, de montrer que les entreprises privées se battent pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ainsi, cent groupes français, et non des moindres, se seraient engagés à investir 320 milliards d’euros pour verdir l’économie et la finance. La liste des entreprises signataires d’un appel affirmant « la nécessité de changer collectivement de cap » pour protéger la planète laisse rêveur. C’est à peu de choses près la liste des groupes industriels et financiers français qui participent depuis toujours à sa mise en coupe réglée, avec les conséquences que l’on constate.

Il y a Michelin qui a détruit des régions entières en Afrique et en Indochine pour y planter ses hévéas, entretenus par des légions de quasi-esclaves. Il y a Renault et PSA qui, non contents d’être les champions de l’automobile, ont intrigué des dizaines d’années pour promouvoir sa version la plus polluante, le diesel. Il y a Bouygues, l’empereur des bétonneurs. Les énergéticiens sont présents au grand complet, Total, Engie et EDF ainsi que les banques, celles-là même qui ont financé et pris leur bénéfice sur toutes les pollutions, tous les saccages et tous les accidents.

Au-delà de leurs méfaits respectifs, ces gens sont les responsables actuels, les héritiers et les bénéficiaires du pouvoir absolu du grand capital qui dure depuis deux siècles. Le capital n’a pas seulement détruit des régions entières, il a massacré au travail des générations de prolétaires, suscité les guerres, profité des massacres, grassement vécu de l’oppression. Et il continue aujourd’hui. La prétendue finance verte, présente aujourd’hui au sommet de Paris, participe à des projets détruisant l’environnement, afin de ne laisser aucun secteur d’investissement lui échapper.

On ne sait ce qu’il y a de plus révoltant dans ce sommet de Paris : le cynisme tranquille des représentants des groupes capitalistes, la veulerie des politiciens qui leur servent la soupe, la bassesse de la machine médiatique qui présente une assemblée de vampires comme un congrès de donneurs de sang bénévoles.

Paul GALOIS