Retraites : attaques en préparation

13 Décembre 2017

À l’occasion d’une visite dans une caisse d’assurance retraite à Arras le 8 décembre, le haut-commissaire à la Réforme des retraites du gouvernement, Jean-Paul Delevoye, a révélé quelques éléments de l’attaque en préparation pour 2019 au plus tard.

Ministre de la Fonction publique dans le gouvernement Raffarin, entre 2002 et 2004, Delevoye avait été un des responsables de la réforme des retraites de 2003 qui a mis fin aux 37,5 annuités de cotisation pour les fonctionnaires et programmé leur augmentation jusqu’à 40 annuités. Pour les autres salariés, ce recul avait été imposé en 1993.

Macron lui a donné pour objectif d’« harmoniser » les systèmes de cotisation et de pension et, toujours avec le faux prétexte de l’équité, de supprimer les régimes spéciaux de pensions, comme ceux des travailleurs de la SNCF ou de la RATP.

La principale innovation serait un système de retraite à points. La pension de chaque travailleur serait calculée le moment venu en proportion des points accumulés au cours des années de cotisation. Ce système, selon Delevoye, « responsabilisera […] celui qui choisira sa date de départ » car « si vous cotisez plus, vous aurez une retraite supérieure ». Comme toutes les précédentes réformes des retraites, celle-ci aura comme objectif d’abaisser les pensions auxquelles auront accès les travailleurs. Mais en plus, avec ce système de points, le gouvernement veut aussi atomiser le monde ouvrier et que chacun devienne un cas particulier. Alors que, pour les retraites comme pour les salaires, seul le combat collectif peut payer.

Enfin, suite aux déclarations de Delevoye, le président du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse a aussi fait remarquer que les périodes de chômage indemnisées sont actuellement prises en compte dans le calcul des trimestres cotisés. Or cela pourrait changer avec la réforme en préparation, ce qui aurait des conséquences importantes sur le calcul du montant des pensions dans une période de fort chômage.

Delevoye parle et agira pour le compte des intérêts patronaux. Les intérêts des travailleurs sont à l’opposé : le minimum serait un retour aux 37,5 annuités de cotisations pour tous. Au patronat de payer pour la retraite de ceux qu’il a exploités toute leur vie !

Nicolas CARL