Renault – Le Mans : échec au licenciement !

13 Décembre 2017

Mi-novembre, au secteur emboutissage de l’usine Renault du Mans, un travailleur de l’outillage s’était vu signifier une mise à pied conservatoire en attendant un entretien en vue d’une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

Son crime ? Avoir été positif à un test d’alcoolémie décidé par son chef d’atelier, très légèrement positif puisqu’il avait été autorisé à reprendre le travail après une heure passée à l’infirmerie.

Mercredi 6 décembre dans la matinée, la nouvelle tombait : il était licencié. Choqués par cette décision brutale, ses camarades cessaient le travail, rejoints par d’autres travailleurs de l’Emboutissage, et se réunissaient dans la salle de repos. Personne ne comprenait cette sévérité car ce salarié n’avait jamais eu de problème auparavant.

Devant les piètres explications de la direction de l’atelier venue les rejoindre pour tenter de justifier ce licenciement, les travailleurs décidaient, avec deux délégués, d’aller trouver le chef du département mécano-soudure pour lui demander de revenir sur cette décision.

Devant leur nombre, celui-ci acceptait de recevoir une délégation, tout en maintenant son intransigeance. Pour ce monsieur le licenciement avait été effectué de la façon la plus humaine possible... Tous décidèrent alors d’aller voir la direction de l’usine au bâtiment I.

Sur place, à 13 heures, les grévistes investirent le « bunker » déserté de la direction : elle était partie déjeuner et le gardiennage était en intervention dans un autre bâtiment. L’équipe du soir de l’Emboutissage, prévenue du licenciement et du mouvement en cours, les rejoignait et ils se retrouvèrent à plus de 70.

Durant tout l’après-midi, le sous-directeur et le chef du personnel, venus à plusieurs reprises discuter pour trouver une issue au conflit, purent se rendre compte de la détermination des travailleurs en grève. Par ailleurs, la CGT appelait à débrayer sur le reste de l’usine, contre le licenciement et pour soutenir les grévistes de l’Emboutissage.

Vers 18 h 30, les grévistes quittaient le bâtiment I, bien décidés à remettre ça le lendemain. L’équipe de nuit était elle aussi appelée à débrayer. Et, en fin de soirée, la direction annonçait qu’elle revenait sur le licenciement.

Jeudi 7 décembre à 5 h 20, l’équipe du matin, qui avait démarré la grève, trouva le chef du département mécano-soudure, si intransigeant la veille, leur annonçant que le camarade licencié était réintégré « grâce à l’intervention d’un syndicat » qui avait brillé par son absence lors du mouvement de la veille. Le travailleur était cependant sanctionné de dix jours de mise à pied.

Personne n’est dupe : c’est bien grâce à la mobilisation et à la grève qu’il n’est plus licencié. Malgré les dix jours de mise à pied, c’est un succès qui ne peut que redonner le moral à tout le monde en rappelant que la lutte paye.

Correspondant LO