OIT : la norme, c’est la précarité

13 Décembre 2017

Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), seulement 45 % de la population mondiale est couverte par au moins une prestation de protection sociale : plus de 4 milliards de personnes ne touchent rien en cas de maladie, de maternité, de chômage, ou à la retraite... La proportion tombe même à 29 % pour la population couverte par un système prétendu complet de Sécurité sociale, allant des allocations familiales aux pensions de vieillesse.

Les statistiques de cette agence officielle de l’ONU sont en plus à prendre avec beaucoup de recul : par exemple, selon ses critères, 100 % de la population en France disposerait de toute la protection nécessaire, sauf dans le domaine de l’assurance chômage où 97,4 % des chômeurs seraient indemnisés. Si c’est ce que l’OIT dit de la situation en France, il y a de quoi penser que tous les autres chiffres concernant les travailleurs des autres pays sont complètement surévalués, voire n’ont aucun sens.

La protection sociale pour tous fait partie des objectifs de développement durable adoptés en 2015 par l’assemblée générale des Nations unies pour l’horizon 2030. Et il revient à l’OIT d’évaluer les progrès dans ce domaine. Mais même en utilisant des statistiques aussi trompeuses, elle est bien obligée de dire que les politiques d’austérité vont à l’encontre de cet objectif affiché. C’est le moins qu’on puisse dire !

De fait, la norme pour les travailleurs du monde entier est la misère et la précarité. Et il ne peut pas en être autrement dans le système capitaliste. Pour qu’il en soit autrement, il faudra s’en prendre aux intérêts des privilégiés de cette société et, pour cela, bien autre chose que de grandes déclarations, le soulèvement des exploités d’ici et d’ailleurs.

Nicolas CARL