À l’Élysée : la haute finance comme chez elle

13 Décembre 2017

L’hebdomadaire Le Canard enchaîné vient de révéler un événement que visiblement Macron aurait préféré garder secret : la grande finance reçue avec honneur à l’Élysée.

La note parvenue au Canard et qui informait de ce qui se passait à l’Élysée le 25 octobre dernier était barrée d’un « Confidential-Not for distribution ». Et pour cause : ce jour-là, le palais présidentiel était mis à la disposition de Black Rock, le plus important fonds d’investissement mondial, qui gère 5 000 milliards de dollars d’actifs pour le compte des grands investisseurs, assurances, fonds spéculatifs, fonds d’États ou de grandes entreprises mondiales.

Macron ne s’est pas contenté de confier à la présidence de Black Rock le grand salon d’apparat, celui où se tient le Conseil des ministres, pour y tenir son colloque et donner ses directives. Le président de la République est venu en bon élève rendre des comptes sur son action et dire à Larry Flint, le président de Black Rock, tout le bien qu’il pense de lui. Et après lui ont défilé le Premier ministre Philippe et trois autres ministres qui, chacun dans son domaine, sont venus au rapport. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a ainsi rendu compte de la politique du gouvernement sur l’évolution du marché du travail. Elle a été suivie de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, se justifiant sur le calendrier des réformes que le gouvernement entend mettre en œuvre dans son domaine. La ministre des Transports lui a succédé, ainsi que le sous-ministre de l’Économie Benjamin Griveaux. Puis tout ce beau monde a eu droit à l’exposé de l’ex-ministre britannique George Osborne – recruté par Black Rock – intitulé « Réflexions géopolitiques et perspectives de marché ».

Il eût été dommage que cette grande journée de Téléthon des riches à l’Élysée ne soit pas rendue publique. Elle montre de façon éclatante, plus que tous les discours, où un ­Macron et ses ministres vont chercher l’inspiration : du côté des grands groupes capitalistes qui dominent la finance, l’industrie et toute l’économie, et qui sont les vrais maîtres du monde.

Paul SOREL