Inspection du travail : silence dans les rangs !

13 Décembre 2017

Le 14 décembre, une inspectrice du travail doit passer devant une commission disciplinaire. Elle a été mise à pied un mois plus tôt pour faute grave. Le ministère du Travail lui reprocherait sa dénonciation publique de la politique gouvernementale, dans une interview accordée à un journaliste lors d’une manifestation.

Les syndicats SUD, CGT, CNT et FSU, rappellent que cette attaque contre des membres de leurs organisations n’est pas la première : en peu de temps, deux autres agents du même ministère ont fait l’objet d’un blâme pour leur action de soutien aux travailleurs sans-papiers, un autre a été rappelé à l’ordre pour avoir critiqué la réforme du Code du travail dans une réunion publique.

Le gouvernement veut pouvoir réduire les effectifs de l’inspection du travail en silence. Comme ses prédécesseurs, il continue à supprimer des postes : il a annoncé encore, en juin dernier, la disparition de 80 postes en Île-de-France. En dix ans, les directions régionales du travail (Direccte) ont vu diminuer leurs effectifs de 20 %. Certaines sections d’inspection du travail sont promises à la disparition comme à Cambrai ou Maubeuge. Les services de renseignements sur le droit du travail le sont aussi.

Moins d’agents et d’inspecteurs, devant qui on brandit un nouveau code de déontologie pour les intimider au nom du devoir de réserve, moins de contrôles des entreprises faute de personnel, une masse de dossiers en attente et une loi Travail qui multiplie les obstacles devant les salariés qui voudraient se défendre : le gouvernement supprime méthodiquement tout ce qui pourrait gêner le patronat si peu que ce soit.

Les syndicats du ministère du Travail demandent le retrait de toutes les sanctions. Ils appellent à un rassemblement à Paris jeudi 14 décembre à partir de midi devant le 14, rue Duquesne (métro École militaire ou Ségur ou Saint-François-Xavier). Lutte ouvrière se joint à leur appel.

Sylvie MARÉCHAL