HSBC : une banque au-dessus de tout soupçon

13 Décembre 2017

Le 12 décembre, un documentaire d’Arte était consacré à HSBC, une des plus grandes banques mondiales. Gérant 3 000 milliards de dollars, elle fait partie de la trentaine d’institutions financières dont la faillite pourrait entraîner l’effondrement de l’ensemble du système financier.

HSBC a la réputation de n’avoir jamais perdu d’argent, même lors de la crise des subprimes. Elle a annoncé encore 2,3 milliards d’euros de bénéfices en 2016. Il est vrai qu’elle possède tous les moyens de les garantir, ne serait-ce que par ses nombreuses filiales situées dans les paradis fiscaux, offrant des taux d’imposition dérisoires et un anonymat épais à ses actionnaires. Longtemps basée à Hong Kong, où elle conserve la majorité de ses affaires, elle est aujourd’hui installée dans un siège somptueux à Londres.

Son histoire est marquée par sa participation à une multitude d’affaires louches. Créée en 1865 à Hong Kong, HSBC a financé l’essor du commerce de la soie entre l’Europe et la Chine… et surtout celui de l’opium, dont la couronne britannique imposa par la guerre la liberté de consommation en Chine.

Impliquée dans tous les scandales financiers des dernières années, HSBC est invariablement sortie des enquêtes la concernant au prix de transactions avec les autorités judiciaires ou les États, toujours complaisants avec une telle puissance. Blanchiment de l’argent de la drogue, aide à la fraude fiscale, montages financiers à la limite de la légalité, création de sociétés off shore ad hoc, voilà ce que proposent avec un parfait cynisme les dirigeants de HSBC.

La banque sait aussi s’introduire dans les milieux gouvernementaux et faire pression sur les journaux qui menacent de rendre publiques ses malversations. En 2011, l’ancien président de la banque, Stephen Green, à peine nommé lord, devint secrétaire d’État au Commerce en Grande-Bretagne. Mais allez interroger cet honorable personnage sur les affaires de la banque, il reste muet ou dit ne rien savoir !

Au cours de la très profitable décennie 2010, la banque a aussi supprimé près de 100 000 emplois. Pour elle, c’est la routine…

L’histoire de HSBC est édifiante et certainement bien à l’image de ce que sont les empires financiers qui aujourd’hui dominent le monde : de gigantesques mafias sur les comptes desquelles se concentrent les richesses produites sur la planète par des milliards d’hommes, capables de faire chanter les gouvernements et de faire peser sur l’économie mondiale le danger permanent d’une crise majeure.

Gilles BOTI